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CHAPITRE XIV

DU LESSOUTO A LÉALOUYI LA « GRANDE EXPÉDITION »

Sur mer. — Au Gap. — Une nouvelle année. — Au Lessoulo. — A Morija. — Réunion à Maféteng. — Un condisciple. — Thaba-Bossiou. — Gana. — Séjour à Léribé. — Aaron. — Rahab. — Nathanaël. — Lydia Mamosa. — Jonathan. — Deux jours au Camp. — Adieux au Lessouto. — Maféking. — Arrivée d’Alfred Boegner. — Palapchoué. — Visite à Khama. — A Boulawayo. — Arrivée du renfort. — Un dimanche émouvant. — Difficultés matérielles. — Départ d’Alfred Boegner et de M. Alfred Bertrand. — En route pour le désert. — Mort d’un driver. — Du repos dominical. — Arrivée au Zambèze. — Kazoungoula. — Mort de Mme Louis Jalla. — De Kazoungoula à Séchéké. — Mort de Mire Juste Bouchet. — Seul ! — En route pour la Vallée. — Sénanga. — Nalolo. — Léalouyi.

Goiliard s’était embarqué avec M. Théophile Verdier et avec ses deux Zambéziens, Sémondji etSamata; il comptait se rendre au Lessouto, puis rejoindre à Boulawayo le renfort qu’il devait amener au Zambèze. M. Alfred Bertrand accompagnait Coillard et, sur le même bateau, se trouvaient M. et Mme Georges Lorriaux1, missionnaires qui partaient pour le Lessouto.

La navigation fut très agréable, Goiliard en profita pour beaucoup travailler; le 27 décembre, il débarquait au Cap :

ce Notre voyage est vraiment un voyage idéal 2, une

1. M. et Mme Georges Lorriaux sont morts au Lessouto, l’un en 1908, l’aulre en 1912.

2. Lettres à M. Raoul Allier et à Mme Françoise Gauthier, à bord du Dunvegan Castle, 22 décembre 1898.

F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

excursion de plaisir et je me prends à regretter d’arriver si tôt au bout. Peut-être que je recule un peu devant ce qui m’attend. Une fois au Cap, mes grandes responsabilités recommenceront. Mais Dieu m’aidera. »

Le Cap , ier janvier i8gg. — « Demeure en moi. » C’est la parole de mon Maître, j’en avais besoin. Demeurer en lui, lui en moi. Je me contente souvent de demeurer près de lui, de travailler pour lui, de lui faire de fréquentes visites, de parler de lui. Mais demeurer en lui! Ah! c’est encore une leçon dont je sais à peine I’abc. J’en parle beaucoup et probablement qu’on s’imagine que je suis plus avancé que je ne le suis en réalité.

Et lui, mon Maître? Comment un si grand Roi peut-il demeurer dans une chaumière délabrée ? Oh ! le péché ! Quelles tentations! quelles luttes! Pourquoi n’ai-je donc pas toujours la victoire? Demeure en moi, Jésus! Prends possession de tout mon cœur, de toute ma volonté, de toute mon imagination, de toutes mes pensées. Toi en moi, et moi en toi, comme la flamme et la chaleur, la lumière et le calorique. C’est rempli de ces pensées que j’ai commencé la nouvelle année. Je suis dans un affaissement spirituel qui me désole.

Au Cap, Coillard fut très occupé par les mesures à prendre pour les bagages et pour préparer la grande expédition; tout lui fut singulièrement facilité.

Oue de raisons n’ai-je pas de louer Dieu ! Il me fait trouver grâce devant les hommes, c’est plus que je n’attendais. Mon âme. bénis l’Eternel l

Le mardi 17 janvier, Coillard, accompagné de M. Bertrand et

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