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Où Coillard logeait également

3. Mme de Prosch, dans les Nouvelles du Zambèze , 1899, n° 2, p. 5G.

M. et \Ime Ramseyer n’assistèrent pas à cette réunion, étant allés, dès le

samedi, s’installer au campement, hors de Boulawayo.

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mari termina par la prière et nous chantâmes : « Jusqu’à la mort nous te serons fidèles. »

J’ai immensément joui de cette réunion, dit Coillard. C’était touchant de voir ainsi l’exaucement de tant de prières ! Mon cœur débordait et j’étais ému.

Le lundi 20, au soir, nouvelle réunion à fhôtel Impérial avec M. Boegner rétabli, et M. Bertrand.

Cette soirée restera pour tous une soirée mémorable. Nous avons dîné ensemble, passé la soirée à chanter des cantiques de consécration et avons décidé, séance tenante, d’en envoyer des échos avec un message à nos amis d’Europe. Après quelques paroles chaleureuses de M. Boegner et une prière, nous nous sommes dit adieu. Plusieurs nous ont accompagnés. Le clair de lune était splendide. L’air pur et calme.

21 mars iSgg. — Nos préparatifs de départ avancent. Ce qui m’épouvante, ce sont les dépenses, qui vont se multipliant et s’accumulant. Il y a tous les jours des choses nouvelles auxquelles on 11’avait pas songé et qui s’imposenl. L’autre jour, c’était la question des tonnelets pour l’eau ; cela représentait tout de suite une somme de 8 livres sterling; la dépense fut faite, il le fallait. Et puis on découvrit que ces tonnelets ne pouvaient absolument pas suffire, il fallait en doubler le nombre. Puis c’étaient mes wagons euxmêmes qui, légers de construction, ne pouvaient pas prendre une charge complète, ce qui est une perte pour les voituriers. Le contrat1 ne prévoyait pas la chose et nous avons failli

1. M. Coillard avait signé un contrat avec un entrepreneur de transports, M. Alusson, qui, pour un prix convenu, devait amener l'expédition, avec armes et bagages, jusqu'au bord du Zambèze, en face de Kazoungoula. La caravane finit par compter 80 personnes, 21 wagons et 33o bœufs.

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CARTE SIGNÉE LORS DE LA RÉUNION A BOULAWAYO DES MEMBRES DE « LA GRANDE EXPÉDITION » AVEC MM. A. BOEGNER ET A BERTRAND

ADIEUX A ALFRED BOEGXER

rompre avec noire entrepreneur de transports, M. Musson. Il me fallut rue débattre et j’obtins, non sans peine, des conditions un peu moins exorbitantes.

Mais ce n’est pas tout. Les colis vont s’accumulant d’une manière effrayante. La banque se montre bien disposée à m’aider, mais les affaires sont les affaires et, en affaires, on ne badine pas.

Le jeudi 23 mars, M. Boegner partit, Coillard raccompagna à la station. Une dernière fois, ils prient ensemble et bientôt le train s’ébranle. « Je suis resté à la portière, écrit Boegner, et ai distingué longtemps le flocon blanc de la barbe de M. Coillard; puis, tout s’est effacé et j’ai compris qu’une belle page de ma vie venait de se tourner. Que Dieu en soit loué et qu’il me donne de faire fructifier tout ce que j’ai pu apprendre et recevoir pendant ces quinze derniers jours ! »

De son côté, Coillard disait de ces quelques journées passées avec le Directeur :

Nous avons eu ensemble de délicieux moments de causerie et de prière. C’est une âme ardente et on se réchauffe à son contact.

Les uns après les autres, les membres de l’expédition s’établirent dans leurs wagons à un campement hors de Boulawayo. Le 22 mars, une première bande se mit en route, une seconde suivit le lendemain. Coillard restait seul à Boulawayo avec M. Bertrand pour prendre les derniers arrangements et charger les dernières caisses ; quelques retards survinrent encore.

26 mars. — Encore à Boulawayo ! Pourtant jamais je n’ai fait de plus nombreuses expériences de la bonté de Dieu. Si à chaque jour, à chaque pas, les difficultés ont surgi, toutes ont été aplanies. Mais maintenant nous avons vingt wagons. Musson est sur les dents.

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Le lundi 27 mars, Goillard allait enfin s’installer dans sa voiture qui l’altendait hors de la ville. M. Bertrand l’y accompagna, puis ce furent les adieux :

Le soleil se couchait, on attela, un dernier mot, une dernière poignée de main, une carte avec un message au crayon pour les Zambézias, et notre vie commune est chose du passé. M. Bertrand retourne seul en ville et moi je tourne mon visage vers l’immense désert qui me sépare du Zambèze. Depuis trois ans, je vis dans les adieux.

28 mars i8gg. — Nous avons voyagé hier soir jusqu’à 10 heures. Ma voiture est encombrée. Mais, dans peu de jours, tout trouvera sa place. J’ai passé ma première nuit en wagon ! Gomme j’en ai joui ! Avec quel entrain Sémondji et Samata m’ont préparé mon souper !

Le mercredi, 29 mars, Goillard rejoignit l’expédition.

Quelle joie quand j’arrivai, tous accoururent à ma rencontre. Nous sommes restés campés tout le milieu du jour. Il y a un excellent esprit dans la caravane. Avec eux, on se sent presque jeune.

Le même jour, un des conducteurs noirs mourut et Goillard fit le service funèbre.

Nous étions tous sous de solennelles impressions en voyant la fosse se fermer sur la dépouille mortelle de l’un des nôtres. Une demi-heure après, les bœufs étaient attelés, le signal du départ donné, nous levions le camp et nous reprîmes notre route comme d’habitude, laissant ce tombeau solitaire, visité peut-être par les animaux carnassiers et qui restera ignoré jusqu’au grand jour de la résurrection.

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