Lettre à Alfred Boeçjner, Séchéké, 28 juillet
A SENANGA 43 I
elle plus de points d’interrogation angoissants, tout est lumière, paix et joie.
Mercredi 23 août. — Sénanga 1 ! une station idéale sur la pointe de la colline boisée au pied de laquelle vient aboutir le fleuve qui serpente mollement dans la plaine, à perte de vue. C’est beau ! Ce qui est plus beau, c’est d’y voir une station déjà fondée. Il faut avoir passé ici maintes et maintes fois, comme je l’ai fait, pour être frappé du contraste. Autrefois, en arrivant ici, il semblait qu’en pénétrant dans cette vallée, on entrât dans l’empire des ténèbres, dont le tombeau de Ngouana Mbinyi garde la porte de fer. On ne pouvait se défendre d’une impression de terreur. Aujourd’hui, à l’entrée de ce sombre domaine du paganisme, s’élève un phare qui lancera bientôt ses puissants rayons à la rencontre de ceux de Nalolo et de ceux de Séfoula. Pour bien faire, il faudrait un autre de ces phares à Séoma, un autre à Ngamboué.Ce sera un beau jour quand ces feux-là seront allumés, quand, en descendant et en remontant le fleuve, nous entendrons le refrain de ce cantique sessouto qui fait tressaillir mon cœur de joie :
O mon bien-aimé !
Il est si beau
Dans la bouche des hommes
Le nom de Jésus.
La réception de nos amis Boiteux a été des plus cordiales. Ils avaient tué le veau gras. Nous avons fléchi les genoux ensemble et béni notre bon Père Céleste. J’ai lu la première partie du psaume cvn.
Sénanga y dimanche 2j août. — Il m’est impossible de
1. C’est en l’absence de Coillard, à la Conférence de Kazoungoula en 1898,, que la fondation de la station de Sénanga avait été décidée.
432 F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE
dire la joie que j’éprouve à me trouver ici sur une station missionnaire.
Le jeudi 3i août, Coillard et ses compagnons de route arrivaient à Nalolo où les attendaient M. et Mme Eugène Béguin, titulaires de la station, M. et Mme Adolphe Jalla et M. Georges Mercier; la station était pavoisée et la réception fut des plus cordiales; la Conférence eut lieu du 2 au 5 septembre : des explications furent données de part et d’autre, dissipant tout malentendu, les décisions prises à Séchéké furent ratifiées, à peu de chose près.
M. et Mme de Prosch et M. et Mme Rittener — celle-ci venait de mettre un fils au monde — restèrent provisoirement à Nalolo, et Coillard partit pour Léaiouyi, le 7 septembre, « le cœur plein de joie et de reconnaissance. »
L’arrivée à la capitale fut très solennelle ; l’accueil très cordial des Adolphe Jalla, du personnel de la station, du roi, fut suivi d’un entretien intime avec ce dernier.
Je pus lui faire quelques questions directes et lui adresser de sérieuses remontrances qu’il écouta respectueusement.
Lêalouiji-Loatilé , 8 septembre i8gg. — Psaumes xxm et cxxi. C’est bien ça ! Impossible de rendre les impressions de cette journée. Je loue et je rends grâce. C’est tout.