‹ François CoillardChapitre 197 sur 282 · LA TOURMENTE · texte numérisé non relu

LA TOURMENTE

La mission en 1899. — Une crise morale. — Léwanika. — Frappé de cécité. — Le bon combat. — Départ de M. et Mme Ad. Jalla. — Sémondji. — L'église éthiopienne. — Un culte pour les esclaves. — Nouvelle manifestation du paganisme. — Entretien avec le roi. — Le harem. — Français et huguenot. — La guerre anglo-boer. — Luttes intérieures. — Lettre au Comité. — Soixante-six ans. — Le roi s'éloigne. — Lettre au roi. — Le roi et les Ethiopiens. — Lutte avec le prince des ténèbres. — Conférence à Séfoula. — Léalouyi désolé. — L’ouragan n’est pas passé. — Mort de Jacques Liénard.

Coillard trouvait la mission du Zambèze enrichie de deux nouvelles stations : Sénanga, où était M. Boiteux, et les Chutes Victoria, plus tard Livingstone, où était M. Coïsson. Une nouvelle station allait être fondée à Maboumbou le 20 octobre, pour y établir une école sous la direction de M. Mann.

M. Louis Jalla était à Séchéké, M. Béguin à Nalolo et M. Adolphe Jalla à Léalouyi.

Provisoirement, une partie du renfort, MM. Lemue, Ramseyer, Martin, Bouchet et M1Ie Dupuy étaient restés dans le Bas.

M. Burnier était placé à Nalolo, M. Liénard à Léalouyi et MM. Verdier, Bittener et Georges Mercier devaient réédilier à Séfoula la station où s’installerait M. de Prosch et fonder l’école industrielle.

Des évangélistes bassoutos qui étaient à l’œuvre au Zambèze, l’un était mort, deux avaient été renvoyés pour faute grave, deux enfin, Willie Mokalapa et Paul Kanédy, avaient été autorisés à rentrer pour quelque temps au Lessouto. En revanche, trois élèves

F. COILLARD AU ZAMBÈZE

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évangélistes avaient été mis à l’œuvre, Nyondo, sous le nom de Philippe, était à Séfoula, Samuel à Léalouyi et Paul Sésosaïra à Sénanga.

A Léalouyi-Loatilé, où Goillard se fixa, M. et Mme Adolphe Jalla étaient fatigués de leur grand labeur :

« Ils ont travaillé et beaucoup1. Dieu a béni leurs travaux. C’est beau de voir déjà à l’œuvre ces évangélistes qu’ils ont préparés. J’ai, jusqu’à présent, partagé leur vie et la vieille affection est comme le vin vieux. »

Coillard demanda à M. Adolphe Jalla de continuer l’œuvre comme s’il n’y était pas, sauf pour un des cultes du dimanche. Il était, en effet, tout étourdi par les émotions de ce retour, de plus il était mal portant, il avait de la fièvre chaque jour.

77 octobre i8gg. — Je 11e sais plus ce que c’est que d’écrire; la vue seule d’une feuille de papier me fait peur, tant j’ai l’esprit desséché. La fatigue que je ressens est telle que j’ai de la peine à me remettre à la routine d’une station et de la vie zambézienne. Mes comptes m’ont absorbé pendant des semaines ; je me levais à 2 heures, jamais plus tard que 3 heures. Je pouvais ainsi travailler sans être dérangé jusqu’au déjeuner. Ma santé en a souffert et je suis loin de me sentir bien.

Après les deux années d’Europe et après le voyage de « la grande expédition », il était impossible que Coillard n’eût pas une terrible réaction physique.

Moralement, comment avait-il supporté le séjour en Europe ? Sa vie spirituelle avait-elle été amoindrie ? Alfred Boegner se le demandait, et lorsqu’il rencontra Coillard à Boulawayo, il avait fait allusion au danger couru.

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