UN ACCIDENT
(( Hélas! je l’ai trouvée dure, cette discipline, depuis mon retour au Zambèze; mais, je le sais, elle était nécessaire pour moi tout d’abord, et puis peut-être aussi pour les amis du Zambèze. Nous parlons beaucoup de foi et nous en avons bien quelque peu, je crois; seulement, nous voulons l’étayer autant que possible, et nous nous sentons courageux quand nous pouvons compter sur des appuis humains. C’est l’histoire de Gédéon, mille et mille fois répétée dans les annales du royaume de Dieu, et qui se renouvelle pour nous. « Ce n’est point par puissance, ni par force, mais par mon Esprit, » dit PElernel des armées a Zorobabel, longtemps plus tard, et à nous aujourd’hui.
« Notre rencontre à Boulawayô, avec les dix-sept, l’an passé, ne nous apparaît-elle pas comme une vision? Aujourd’hui nous avons essuyé bien des orages, nous sommes comme des arbres mutilés par la foudre. La mort et la maladie ont éclairci nos rangs. Nous venons encore de voir tomber subitement notre cher et vaillant Rittener 1 ; sa carrière, qui nous donnait de si grandes espérances, est terminée, et maintenant il repose là-bas, sous le gros arbre, à côté de la fondatrice de la mission !
a Est-ce la fin de nos deuils? Hélas! notre bien-aimé docteur, dont on ne peut exagérer le dévouement, appelé en toute hâte à franchir les cent lieues qui nous séparent de Séchéké, rentrait à peine auprès de sa femme malade, que nous apprenions le départ de nos amis, M. et Mme Lemue2. Sont-ce là les derniers que nous allons perdre? Je crains que non. Et nous qui nous réjouissions tant de fonder notre neuvième station !