‹ François CoillardChapitre 204 sur 282 · UNE DURE DISCIPLINE · texte numérisé non relu

UNE DURE DISCIPLINE

taille, n’cst-ce pas ? « Plus que vainqueurs, telle est notre devise ». — « Jusqu’à la mort nous te serons fidèles. »

La Conférence se réunit à Léalouyi (i-5 février 1900); tout de suite après, M. et Mms Adolphe Jalla et Mrae Rittener reprenaient le chemin de l’Europe.

Coillard restait à l’œuvre avec M. et Mme Liénard à Léalouyi ; il avait comme voisins, à Maboumbou, M. et Mme Mann ; à Séfoula, M. et Mm2 de Prosch et les artisans. M. et Mm2 Béguin et M. Burnier étaient à Xalolo, M. et Mme Boiteux avec M. Juste Bouchet, à Sénanga.

Coillard ressentit douloureusement le départ des Adolphe Jalla:

i4 février igoo. — La station est tranquille et vide depuis que les Jalla sont partis. Ils me manquent tous les trois, la petite Graziella non moins que ses parents. Il y a dans ce départ quelque chose d’indiciblement triste et qui me pèse sur le cœur1.

Léwanika est venu passer, hier, la journée avec moi, pour écrire des lettres et causer. Il a goûté avec moi de lait caillé et de thé. L’après-midi, je suis allé évangéliser de maison en maison et, après avoir dîné avec le roi, nous avons eu notre première réunion du soir, comme il y a six ans. Il y a longtemps que je désirais recommencer ces réunions, et tout le monde le désirait. Malheureusement, pendant que nous étions à table, il plut assez fort. La plupart de ceux qui étaient venus se sauvèrent chez eux.

— - Que faire ? me dit le roi.

— Allons au kachandi (cabinet du roi).

— Eh bien, au kachandi ! Hé ! les garçons ! portez les chaises.

Et bientôt nous étions installés dans ce nouveau kachandi,

1. Mmc Adolphe Jalla ne devait plus revenir au Zambèze. Elle est morte, aux Vallées vaudoises, le 26 octobre 1901.

une merveille de l’industrie zambézienne. C’est un local spacieux, tout garni de belles nattes, les plus belles du pays; les murs, le plafond comme le plancher, même les poteaux en sont couverts. Nous prîmes place au milieu, ceux qui savent lirent se groupèrent autour de notre lanterne. « Approchez-vous, disait le roi à Sémondji et à d’autres, ne craignez pas ma natte ! » Marcher sur la natte du roi, c’était un crime, autrefois du moins. Cela me rappelait le commencement de la mission.

Tous les hommes et les jeunes gens se groupèrent à gauche et les femmes et les filles à droite. 11 y avait même Mamoramboa1 que je n’ai jamais pu amener au culte. On chanta avec entrain des cantiques connus et je leur en enseignai un nouveau. Je rentrai à dix heures et demie, plein de joie et de reconnaissance.

Au commencement de mars, à cause de l’inondation, le roi se rendait aux Mafoulos, sa résidence de campagne, et la solitude devint d’autant plus grande pour Coillard qu’à la fin du mois M. et Mme Liénard allaient à Séfoula.

La maladie et la mort continuaient à sévir : Mme Martin mourait àSéchéké, le 18 février et Mlle Dupuy, le i5 avril; M. etMmeRamseyer2 3 * partaient le ier mai pour rentrer en Europe. La santé de M. et Mme Mann et celle de la plupart des membres de la grande expédition donnaient de l’inquiétude; des épreuves atteignaient les missionnaires restés au poste.

Coillard renonça à un nouveau voyage pour le choix du site d’une station chez les Baloubalés; car la diminution du renfort rendait impossible toute nouvelle extension.

« 1900! une année5 se couche et une autre se lève, pour

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