SUJETS D’ANGOISSE
nous, dans un ciel chargé de nuages. Il y a, dans la vie, de ces incidents qui, de loin ou une fois passés, paraissent insignifiants, mais qui ont cependant causé des heures d’insomnie, de tristesse et d’angoisse. »
C’est le cas de Nyondo, maître d’école à Séfoula, évangéliste auquel on a fait violence pour lui imposer une purification païenne : « Nos pauvres chrétiens sont encore bien près du bourbier d’où la grâce les a tirés. » C’est Joseph, un des meilleurs élèves évangélistes, dont le roi s’empare pour faire un chef.
« Et puis c’est notre Étienne Sémondji. Jusqu’à présent je ne vois rien qui me fasse croire que son séjour en Europe lui ait fait du mal. Il est resté humble et fidèle. Tout le monde est étonné de le voir travailler et pagayer comme un mercenaire, s’occuper de mon petit ménage, surveiller ma cuisine, m’entourer enfin de ses soins ; il fait l’école avec autant d’entrain que de persévérance. Malheureusement, pour échapper aux pièges de la famille royale qu’il redoutait, il est tombé dans les lacets d’une famille qui n’est pas précisément favorable à l’Évangile. La jeune fille dont il s’est épris, Sanana, est noble, mais elle 11’est pas encore chrétienne. Placée d’abord — à la requête de Sémondji — chez les amis Boiteux, la voici maintenant chez les Liénard pour y apprendre à lire, à faire des travaux de ménage, pour y subir une influence chrétienne. Elle nous fait une bonne impression. Que donnera-t-elle? Voilà la question1.
« Enfin, c’est aussi le fantôme de l’église éthiopienne dont l’ombre se projette jusqu’à nous, et de la manière la plus inattendue. Savez-vous ce que c’est que l’église éthiopienne? C’est une église de noirs qui s’est affranchie de la