‹ François CoillardChapitre 209 sur 282 · CRISE MORALE · texte numérisé non relu

CRISE MORALE

l*allait-il pas écouter ce que le Seigneur disait à mon âme et me recueillir? Tout cela m’a été salutaire et bienfaisant. Après la lumière et la chaleur du soleil d’Europe, il me fallait l’ombre de l’humiliation et les nuages de la souffrance. Dans sa bonté, Dieu ne me les a pas épargnés.

A un ami, enfin 1 :

« Vous avez deviné juste, j’ai eu des tristesses, j’ai passé par une terrible crise intérieure et je me suis renfermé en moi-même. Je croyais avoir besoin de ce silence extérieur après avoir tant parlé en public. Je devais me retrouver moi-même, dans le désert, avec toutes mes luttes connues de Dieu seul, toutes mes tristesses et mes découragements. Et tout cela je ne pouA'ais en faire la confidence à personne.

« U11 grand sujet de tristesse et d’abattement à mon arrivée et qui dure encore, c’est l’état de l’œuvre. Je savais bien la débâcle qui avait suivi le mouvement2 dont on a fait tant de bruit. Mais la réalité a été pour moi un choc violent. H y a quelques âmes où l’œuvre de la grâce de Dieu est évidente et nous en bénissons le Seigneur. Mais nous n’avons pas encore eu de vrai réveil ; l’électricité peut donner au cadavre un mouvement momentané, mais pas la vie. Nos quelques professants, ceux qui nous sont restés, veulent bien « servir Dieu », c’est leur expression; mais ce qui manque, c’est le sentiment du péché.

« Si je n’avais pas ma longue expérience du Lessouto où le zèle pour les réunions, pour la lecture de la Parole de Dieu, frappe en général longtemps avant la profession, je serais peut-être moins pessimiste dans ce milieu zambézien

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