Le réveil de 1894, voy. ci-dessus, p.3i3, 3 1 G
456 F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE
où tout cela manque ou n’existe qu’au minimum. Mais Dieu fera son œuvre ; il fera germer et lever la semence que nous avons répandue avec tant de larmes ; nous aurons le réveil et nous nous en réjouirons ensemble. Nous l’attendons, mais l’attente est longue et fait languir le cœur. »
Parlant de cette crise qui, en réalité, durait pour Goillard depuis son arrivée au Zambèze, M. Boegner conclut1 :
« Les plus forts, ceux que Dieu a laissés monter le plus haut, ont besoin de passer parfois par le crible. Heureux quand ils en sortent purifiés, plus humbles et plus forts. N’est-il pas bienfaisant de voir ce vétéran, après un temps de prostration, se relever et sonner de nouveau la charge. Lui écrivant hier2 3 * je lui ai rappelé le beau passage des Psaumes : « Il boira de Peau du torrent et il relèvera la tête en haut. » (Ps. ex, 7.)
En effet, Goillard avait relevé la tête et sonnait la charge, lorsqu’il écrivait au Comité 5 :
<c 11 se pourrait qu’à la lumière lugubre des événements de ces douze derniers mois, notre expédition des dix-sept parût à certains de nos amis une entreprise téméraire ou même une faute grave. Dans le domaine des explorations géographiques et scientifiques, comme dans Part de la guerre, les difficultés et les revers d’une expédition ne sont pas un échec absolu ; au contraire, c’est l’école où se forment les pionniers intrépides et les vaillants soldats. Pourquoi en sérait-il autrement dans le domaine des missions? Pour ma part, plus j’y réfléchis, plus s’affermit ma conviction que c’est Dieu qui nous a inspiré cette courageuse