PREPARATIFS DE DEPART
gare de village1 avec des caisses, des colis de tout genre un peu pêle-mêle, et des gens qui plient leurs manteaux, saluent leurs amis, en attendant le train qui va arriver pour les emporter. Les visites d’adieux se succèdent. C’est doux de se revoir, mais triste de se dire adieu.
« Notre expédition est à peu près organisée. Notre personnel est au complet; il sera plus fort que dans la première expédition. Aujourd’hui il ne s’agit plus d’un simple voyage d’exploration, mais de la fondation de la mission. C’est une source de préoccupations d’autant plus sérieuses.
« Ma chère femme se porte assez bien, mais elle se sent triste et fatiguée. C’est douloureux pour elle plus encore que pour moi de « break up our home », comme on dit en anglais, d’une manière si expressive. »
Coillard, averti de l’arrivée de M. et Mme Weitzecker, retarda encore son départ d’un mois ; néanmoins, les réunions d’adieux, auxquelles les églises du Lessouto devaient se faire représenter, furent maintenues à la date du dimanche 2,5 novembre i883 :
« Presque tout le dimanche2 se passa en réunions. Je ne crois pas exagérer en disant que ce jour-là nous fûmes bien sept heures dans la chapelle. M. Mabille ouvrit le feu, en faisant l’historique de nos entreprises missionnaires, et, appliquant ce qui est dit de Paul et de Silas (Actes xvi, 6-8) à M. Coillard, il montra comment ce dernier, trouvant partout le chemin fermé, avait été conduit, d’étape en étape, jusque chez les Barotsis. Puis nous entendîmes M. Jeanmairet, Lévi, et Middleton3.
« Quant à M. Coillard, il parla avec son éloquence accoutumée, et parfois avec un sérieux saisissant, surtout lorsque, prenant pour texte cette parole des Psaumes : a L’Eternel a parlé une fois,