Lettre à Mme Wetzel, Léribé, 2 novembre i
2. Récit de MM. les missionnaires Duvoisin et Jeanmairet, dans J. M. E., 1884, p. 52-55.
3. Lévi, évangéliste mossouto de Morija, et Middleton, artisan anglais, faisaient partie de l'expédition.
3 O F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE
et je l’ai entendu deux fois, » il nous entretint du double appel qu’il avait senti lui être adressé, d’abord au Lessouto, lorsque la Conférence l’invita à se mettre à la tête de l’expédition qu’on envoyait chez les Banyaïs, puis, sur les bords du Zambèze, lorsqu’il entendit les Barotsis lui dire : « Venez nous secourir. »
« La réunion de l’après-midi fut employée à entendre les déléqués des églises. M. Ellenberger, qui présidait, les avait invités à être courts. Naturellement, tous les discours étaient plus ou moins sur la même note ; mais vous auriez joui d’entendre Makotoko. Jamais je n’avais été frappé comme cette fois à quel point il l’emporte sur l’ensemble des orateurs indigènes. C’est comme Saül dépassant tout le reste du peuple de la hauteur des épaules. Répondant aux allusions qui avaient été faites à l’attitude de l’église de Léribé, il fit le tableau de cette église, parla des épreuves par lesquelles elle a passé, de la situation critique où elle se trouve encore à cette heure, et dit comment les chrétiens de Léribé avaient espéré que M. Coillard verrait en cela comme une invitation du Seigneur à ne pas quitter son poste ; il demanda, en même temps, à Dieu, si de tels sentiments n’étaient pas légitimes, et si c’était là s’opposer à la volonté du Seigneur et résister A l’Esprit, de le faire partir tout de même. Tout cela dit avec beaucoup de calme, une parole simple, grave, une émotion contenue et une dignité de geste et de maintien qui donnaient comme une intuition de ce que doit avoir été l’éloquence antique à ses débuts.
« MM. Mabille, Ellenberger et Coillard, répondirent à Nathanaël et à l’église de Léribé, pour les encourager. Ils leur présentèrent la perte de leur missionnaire comme un privilège, comme une preuve d’amour que Dieu leur permettait de donner à la mission parmi les Barotsis. C’est leur église qui a été jugée digne de faire le sacrifice, elle en recevra aussi une bénédiction proportionnée.
« Ce service avait été très long ; une suspension de quelques instants a dû avoir lieu avant la communion. C’est alors qu’on a vu arriver les délégués de Béthesda, qui avaient été retardés. On Jes entendit avant la distribution de la Cène. Esaïe1 raconta
i. Jeune Mossoulo chrétien, de Béthesda, faisant partie de l’expédition.