‹ François CoillardChapitre 226 sur 282 · EN VOYAGE · texte numérisé non relu

EN VOYAGE

tachent î Nous nous sommes retrouvés un peu comme des naufragés.

(( Nos cœurs se sont émus en nous retrouvant ici, à ce même Séchéké, où, il y a deux ans, notre expédition arrivait si joyeuse et si débordante de vie et où je ne trouve que le vide des rapatriements et le silence de nos tombes.

« A mon arrivée ici, ne sachant qu’approximativement la date de l’arrivée de nos amis, je poussai jusqu’aux Chutes Victoria ou de Mosi-oa-Thounya. J’ai passé dix jours des plus agréables avec M. et Mra Coïsson.

« Des lettres nous annonçant l’approche de l’expédition nous firent hâter notre départ des Chutes. M. Coïsson m’accompagna de nouveau à Kazoungoula. Le même jour, arrivait de Séchcké M. Louis Jalla et le lendemain matin, comme nous nous hâtions de prendre notre déjeuner pour passer le fleuve et aller à la rencontre de nos amis, quelle ne fut pas notre surprise de les voir tomber sur nous à l’improviste, conduits par Louis Jalla qui avait campé sur l’autre rive? Comment vous dire ce qui se passa en moi en les voyant, ces amis si impatiemment attendus? Notre reconnaissance envers Dieu est grande. 11 ne nous a pas abandonnés. Il ne nous oublie pas; notre confiance est en lui. Vous demanderez ardemment, avec nous, à Dieu que ces amis soient gardés dans ce climat pestilentiel et soient pour nous une force spirituelle intense. L’expression des natifs qui ont connu MIL* Kiener s’illumine en la revoyant. Que sera-ce à la Vallée? Nous avons décidé que les Lageard, jusqu’à la Conférence prochaine, feraient leur stage ici, et Mlle Roulet avec Mi,e Kiener à la capitale. Mlle Glauser était toute désignée pour l’école des jeunes filles à Séchéké. »

C’est à Séchéké que Coillard apprit que M. Théophile Burnier devait, à cause de sa santé, revenir en Europe pour quelque temps .

F. COILLARD

MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

(( Je me sens profondément triste1. Voilà Burnier qui, lui aussi, va partir, il le faut. A qui le tour maintenant? Voilà donc Nalolo vacant pour toute une année. »

cc Dimanche dernier (i5 septembre) nous avons eu une belle journée2, terminée par la communion entre nous, solennelle, comme toutes les communions d’adieux, au Zambèze surtout. Quelque peu nombreux que nous soyons, nous avons toujours le sentiment que nous ne nous rencontrerons plus jamais tous ensemble. Et l’expérience ne le justifie que trop. »

Le 20 septembre, MIles Kiener et Roulet partaient pour Léalouyi, et Coillard partait le 23 ; peu après l’artisan, M. Anker, attendu avec beaucoup d’angoisse, arrivait avec les bagages et ne tardait pas à poursuivre sa route vers le Haut.

La veille de son départ, Coillard écrivait :

« Avant-hier3, comme je me promenais devant la maison de Jalla, admirant quelques citronniers chargés de fleurs, j’étais frappé de voir le sol tout couvert de ce que je prenais pour des pétales de fleurs fanées. En les regardant de plus près, je m’aperçus que c’étaient des graines que la pluie avait fait germer et qui poussaient. Aujourd’hui, le meme phénomène s’accentue partout, même dans le sable du chemin qui, il y a quatre jours, brûlait nos pieds. Qui aurait dit alors que, dans cette poussière embrasée, il y avait des graines de fleurs et d’herbe? Une seule ondée a suffi pour nous les révéler en les faisant germer. Ainsi, prenons courage! Il en sera de même de ce jardin du Seigneur, si aride

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