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Lettre à M. Alfred Bertrand, Léalouyi, 21 novembre

F. COILLARD

MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

Quel privilège pour nous d’être jugés dignes, même là, d’accomplir le reste des souffrances du Sauveur.

« L’aspect général de la mission est encourageant. Il règne partout une grande activité, à Séfoula, à Sénaiîga, à Séchéké. Il y a, ici et là, des symptômes réjouissants, il y a des âmes qui s’entr’ouvrent, je crois, à la lumière. C'est peut-être, pour plusieurs, le stage où l’on voit les hommes comme des arbres. Mais ces premières lueurs devancent et annoncent la pleine lumière.

« Jamais encore je n’ai vu nos Zambéziens écouter la prédication avec autant de sérieux et d’avidité. »

21 décembre igoi . — Ma lâtigue est telle que je ne me reconnais pas du tout. Le moindre effort non seulement me coule, mais m’accable. Quand je sors de l’école, je puis à peine causer.

Le vieux magasin d’Adolphe Jalla est tombé au milieu du jour, il n’y avait ni vent ni pluie; il s’est simplement effondré. Heureusement que ce n’est pas arrivé pendant une leçon, nous aurions tous été tués.

« L’œuvre a pris des proportions que nous ne lui avons pas encore connues1. Notre église est devenue trop petite pour nos auditoires et cela malgré les pluies très violentes de cette année. C’est beau de voir notre vaste local bondé, si bien qu’on a du s’asseoir sur les marches de notre estrade; encore en est-il un grand nombre qui ne peuvent entrer. En général, le culte de l’après-midi est peu suivi, il a lieu un peu avant le coucher du soleil. Hier après-midi, cependant, malgré un ciel menaçant qui s’est fondu en une pluie battante, l’église était presque pleine. Et quelle attention et

i. Lettre à Alfred Boegner, Léalouyi, 16 décembre 1901.

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