‹ François CoillardChapitre 237 sur 282 · Lettre à Mme de Falguepollcs, Léalouyi, 26 mars · texte numérisé non relu

Lettre à Mme de Falguepollcs, Léalouyi, 26 mars

5o() F. COILLARD — - MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

ce qu’elles peuvent pour moi? Je me demande combien de temps durera cette collaboration bénie. Je suis reconnaissant de ce que j’ai et je laisse à Celui qui sait ce dont nous avons besoin, le soin de pourvoir à l’avenir. »

« Souvent il est bien difficile à un missionnaire de s’asseoir un moment pour écrire des lettres x. S’il ne veut pas être déranqé, il faut qu’il se lève de très bonne heure, quand tout le monde dort et que personne ne peut venir frapper à sa porte. J’en connais un qui se lève toujours à 3 heures du matin et jamais plus tard que 4 heures. Je ne vous dis pas de faire comme lui, non ; mais, quand vous trouverez que c’est dur de vous lever à l’heure réglementaire, vous pourrez penser à lui. Je ne connais rien de plus laid qu’une jeunesse paresseuse. Vous savez comment Salomon, inspiré par l’Esprit même de Dieu, en parle.

c( J’ai huit garçons dans ma maison, ce ne sont pas des domestiques, mais des écoliers. Comme j’ai la mauvaise habitude, que les docteurs m’ont fait contracter, de prendre, de très bonne heure, une tasse de café, ce sont les plus grands de mes garçons qui me le font, à tour de rôle. Ce serait bien simple de les appeler, mais je ne le fais jamais, même s’ils sont en retard, et je ne les en punis pas. Mais les pauvres enfants, auxquels je tiens à laisser cette responsabilité, me font souvent pitié. Ils se lèvent parfois à des heures indues; je les ai vus se lever à 2 heures du matin pour faire ce malheureux café. J’y renoncerais sans trop de peine, si je ne croyais pas que c’est bienfaisant pour les garçons eux-mêmes. C’est une discipline. Et la discipline est toujours bonne, même lorsqu’elle vous fait pleurer. Je le sais bien, je vous l’assure. »

1# Lettre aux élèves du Boa Pasteur, à Strasbourg, Léalouyi, i5 jaiiv.er 13)2.

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