‹ François CoillardChapitre 241 sur 282 · SÉCHÉKÉ — LA DERNIÈRE CONFÉRENCE · texte numérisé non relu

SÉCHÉKÉ — LA DERNIÈRE CONFÉRENCE

PRÉSIDÉE PAR COILLARD (1902)

A SÈCHtiKÉ 5 I 5

mien. Dieu est amour! Mon Dieu, vis en moi, que je vive de ta vie et que j’aime de ton amour.

Coillard partait de Léalouyi, le 26 juin, avec M. Bouchet, pour se rendre à Séchéké, à la Conférence ; il lui en coûta beaucoup d’avoir à quitter la capitale à un moment où l’œuvre présentait un aspect encourageant; heureusement, il y laissait Mlles Kiener et Roulet.

Un nouveau et important renfort était attendu, composé de M. le docteur et de Mme Georges Reutter, de M. et Mme Georges Voila, de Mlles Hélène Bertrand, Léa Rioux et Laure Nicole et de M. Albert Champod.

Séchéké , 77 juillet 1Q02. — J’accomplis donc ma soixantehuitième année. Quand la bobine touche à sa fin, le fil se dévide rapidement. Je suppose que plus d’un serviteur de Dieu, arrivé à mon âge, voudrait pouvoir recommencer sa vie pour pouvoir la présenter à Dieu comme une offrande pure.

On me dira que je suis un être singulièrement contradictoire si, après toutes mes aspirations au repos éternel, j’avoue que je me sens triste de vieillir. Et pourtant, c’est vrai. Je voudrais avoir toute ma carrière devant moi. Je voudrais aussi être témoin des grandes choses que Dieu prépare pour son Eglise. Je voudrais... mais non, pas ce que je voudrais, mais ce que veut mon Dieu.

J’ai trouvé ici deux courriers et en voici un troisième qui arrive. Deux grandes nouvelles qui me font sauter de joie : le redoutable déficit comblé et la paix signée le ier juin à minuit. J’ai bondi de joie. Ma Bible s’est ouverte comme d’elle-même au psaume cm et, avec des milliers de chrétiens, jTai répandu mon cœur en actions de grâces devant Dieu : « Mon âme bénis l’Eternel. »

Le renfort arriva, la Conférence eut lieu : M. et Mrae Reutter

5 1 G F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

el Mlle Nicole furent placés à Sécliéké, M. etMms Yollaet Mlle Bertrand, à Léalouyi, Mlle Rioux à Séfoula. L’école biblique et l’école primaire supérieure d’anglais étaient confiées à Goillard. M. et Mme Boiteux rentraient en Europe pour leur congé réglementaire.

Coillard, à son retour à Léalouyi, le 16 septembre, fut atteint d’une ophtalmie opiniâtre et d’un terrible mal de gorge qui le réduisirent presque à l’inaction.

12 octobre ig02. — Mes yeux, comme je le prévoyais, ne sont pas atteints d’une simple ophtalmie, mais bien d’une fausse cataracte, pour laquelle le docteur Colani Daumas m’avait déjà opéré en 1880, et, en plus, d’une vraie cataracte qui semble se développer au galop. Quelle perspective ! Notre docteur m’engage à donner cours à mon projet d’aller au Cap, voire même en Europe. C’est donc ma carrière qui finit et va s’éteindre dans les ténèbres ! Mais, Sa grâce me suffira.

« Dieu jugera-t-il bon pour moi1 de clore ainsi ma carrière sous un nuage noir ? J’aurais voulu mourir à la brèche, sur le champ de bataille. Mais où qu’il 111e conduise je serai encore à la brèche et je servirai la mission jusqu’au bout de mes forces. Je n’ai fait aucun plan. J’attends qu’il me dirige. Pour le moment je ne lis et n’écris qu’à travers un brouillard qui s’épaissit vite.

« Ce qui m’afflige, c’est que la mission est à la veille d’une nouvelle crise que nous prépare la prochaine arrivée des Ethiopiens. Cette dernière phase de ma vie prend un caractère bien solennel. Voulez-vous prier très spécialement pour moi ? »

« Depuis notre retour de Sécliéké2, l’œuvre, un moment troublée et en recul, a repris. Nous avons de bons services.

Page 1