ATTEINT DE LA CATARACTE
J’ai fait quatre prédications sur Ecclésiasle rv, 17 et suiv. : (( Quand lu entres dans la maison de Dieu, prends garde où tu portes tes pas, » et Sérnondji les a admirablement résumées avant-hier, au culte de l’après-midi. Je crois qu’elles ont fait du bien. Je voudrais que vous vissiez le silence, le sérieux, l’ordre qui régnent dans notre auditoire. Pas une âme ne sort. Le point qui laisse encore énormément à désirer c’est le chant. Nos Zambéziens chantent mal parce qu’ils n’aiment pas chanter. Je les compare naturel^ lement à nos Bassoutos qui aiment le chant et chantent bien.
« Nous sommes en vacances. Ces demoiselles sont à Séfoula, en visite. Je suis ici, avec les chers Voila et M1,e Bertrand qui sont mes hôtes.
« Mais, dans peu de jours, l’école va recommencer et tout reprendra. La température est vraiment accablante. Nous avons un soleil de feu, puis des nuages, puis des ouragans qui balayent la plaine incendiée et remplissent tout de poussière et de cendres noires. Malheureusement, on a dû abattre mon cabinet de travail pour le refaire, mais qui sait quand je pourrai l’occuper de nouveau? En attendant, mes livres sont entassés sur une véranda et pêle-mêle. Pauvres livres! Ils font piteuse mine, rongés par les termites, tandis que d’autres sont arrivés si mouillés qu’ils étaient dans un état affreux de fermentation, et c’était un beau choix qui m’arrivait.
« On ne s’habitue pas à recevoir absolument pourries des caisses qui coûtent si cher. Aussi reçoit-on ce qui arrive en bon état comme un nouveau don de Dieu. »
Le roi, après s’être longtemps fait attendre, arrivait à Léalouyi le ier janvier 1903. Les missionnaires étaient venus de Maboumbou, de Séfoula, de Nalolo avec leurs écoles pour le saluer et fêler Noël.
Coillard avait été voir le roi à sa dernière étape. « J’ai voyagé
F. COILLARD — MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE
avec toi, lui répétait Léwanika, c’est toi qui m’as préparé le chemin partout. J’ai partout trouvé tes amis qui sont maintenant mes amis, à moi. »
A son arrivée, au milieu du vacarme étourdissant de la foule, le roi me demanda de rendre grâces à Dieu pour son retour. Ngambéla fit approcher la foule, les chants cessèrent et, au milieu d’un silence qui, succédant au tapage, avait quelque chose de saisissant, j’entonnai un cantique que des centaines de voix enlevèrent et puis, tout ce monde se prosterna et pria. Nos chrétiens étaient là, avec les écoles, un peu effarés, mais s’affirmant sans honte, même la fille du roi, la femme du Ngambéla. Puis le roi se leva et, à son invitation, nous le suivîmes tous chez lui pour prendre le thé. Le pauvre homme était heureux de pouvoir se dérider.
Le lendemain 2 janvier, les écoles en masse vinrent saluer Léwanika et lui chanter un chant de bienvenue i. * * * * * * * * x. Le dimanche
i. — Voici quelques strophes de ce chant composé par Coillard :
Rpf ain :
Est-ce toi? Est-ce vraiment bien toi Notre maître qui reviens au milieu de nous?
Depuis longtemps nous t'attendons !
Où donc as-lu été? D’où viens-tu? D’où? O roi!
Salut, ô roi, toi le père des orphelins
Le grand lion! le bienfaiteur de tous, le chef suprême!
O vous les abeilles qui venez de butiner Avec les oreilles, avec les yeux et avec le cœur. Faites-nous part de votre miel.
De vos rayons si beaux, si riches, si succulents!
Salut, ô roi, etc...
Faites-nous part, pour que nous en jouissions, nous aussi. Des merveilles étranges que vous avez vues!
Venez, enrichissez la nation
Des trésors que vous rapportez de ces pays lointains ! Salut, ô roi, etc...
Et toi, notre père, que Dieu te donne de la vigueur Et des jours longs et paisibles!
Et puisses-tu être sauvé et aller au ciel Quand tu partiras pour aller vers Dieu.
Salut, ô roi, etc...