IL FAUT DU RENFORT
Le pauvre garçon tremblait d’émotion. Il y en a d’autres encore, grâce à Dieu, ce n’est plus tout à fait le calme plat. »
« Quel est le renfort que vous nous envoyez ? écrivait Coillard1 à Alfred Boegner. Je porte péniblement le fardeau de l’école Mann, auquel s’ajoute encore celui de notre unique élève de l’école biblique dont il faut s’occuper quand même. Je ne suffis pas à la tâche. Et si je savais que vous n’envoyez personne, j’abandonnerais cette école de jeunes gens ; mais, c’est douloureux de les voir nous échapper et se jeter dans les bras des Éthiopiens. M1Ie Roulet va se marier2, donc MlleKiener va se trouver, toute seule, avec des aides indigènes, à la tête de notre grande école qu’il faudrait pourtant entourer des soins les plus assidus. Il n’y a pas, dans le pays, d’école aussi importante que celle-là. Nous avons, en mains, l’avenir de ce peuple. Sauvez la situation, je vous en supplie. Je plaiderai de même pour l’école industrielle. A quoi bon toutes les études qu’on a faites sur le Zambèze pour améliorer nos conditions et nos maisons d’habitation, si on ne nous envoie point d’ouvriers? Je ne crois pas qu’en France on comprenne notre position. Il faut des hommes !
« Mais, mon pauvre ami, je me blâme de vous écrire à vous sur ce ton. Vous êtes la cible de tout le monde, car vous êtes directeur et je me demande comment vous pouvez faire face à tout. Mais à qui crier si ce n’est à vous? Vous direz : à Dieu!... »
Il était d’autant plus urgent de renforcer le corps enseignant que Willie, l’Éthiopien, appelé par le roi, allait arriver.