‹ François CoillardChapitre 246 sur 282 · AU CAP · texte numérisé non relu

AU CAP

de nouveau à mon retour? C’est peu probable. Et puis l’œuvre ! Partir au moment où il semblait qu’un petit mouvement commençait, c’est dur. A la garde de Dieu ! Ma tâche et mon œuvre seront celles du silence, et, je l’espère, de la prière, pour ce qui regarde ce pays. Mais je suppose que je serai appelé à faire connaître l'œuvre elle-même et à plaider pour elle et vous demanderez à Dieu, pour moi, une étincelle du feu sacré. »

Coillard recommença, dans le Sud de l’Afrique, une tournée pour rendre son témoignage de chrétien et pour faire connaître et aimer la Mission.

Parti de Léalouyi le 4 mars, il arrivait le i3 à Séchéké et le 16 avril au Cap où Mlle Mackintosh le rejoignait le 21.

« Le bulletin de ma santé 1 — puisqu’il faut malheureusement quelquefois parler de soi — vous avait soulagés. Il vous disait que le danger de la cataracte était décidément écarté et qu’avec de la prudence et des soins, je pourrais encore conserver mes yeux. Vous aurez béni Dieu pour moi et avec moi, je le sais et je l’ai senti. Le courage et la force dont le Seigneur m’a ceint dans ces circonstances et la paix dans laquelle il m’a gardé m’ont dit, avant vos messages, que j’étais porté par vos prières. Comment maintenant ne pas vous faire partager ma reconnaissance et ne pas vous associer à mon chant de louanges? C’est ainsi que, dans le cours de leur pèlerinage, les enfants de Dieu sont souvent entourés de chants de délivrance. Nous avons partagé, au Cap, pendant quelques jours, avec les chers Burnier et Vernet2, l’hospitalité si large, si affectueuse, de nos amis

1. Lettre aux amis des Missions, Morija, îo juin 1903, impr. dans,/. M. E., 1903, 2e sem., p. 1 i3-i i4-

2. M. Théophile Burnier revenait au Zambèze, après un séjour en Europe. M. Félix Vernet y allait, comme artisan.

MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

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Cartwright. Cela nous a permis de nous voir un peu et de causer. »

Du Cap, Coillard se rendit à Slellenbosch, à Wellington, à Worcester, puis revenait au Cap pour recevoir, le 1 7 mai, M. Adolphe Jalla et M. et Mme Béguin arrivant d’Europe avec un nouveau renfort x.

Le 3 juin igo3, Coillard et Mlle Mackintosh partaient pour le Lessoulo.

C’est chose étrange, et c’est une grâce de Dieu* 2 que ce qui survit du passé, ce ne sont pas les petites misères de chaque jour, les ronces et les épines qui vous ont égratigné le long du chemin, mais bien les jouissances et les bénédictions, les ileurs sauvages que nous avons cueillies au milieu des épines et que nous avons précieusement conservées. Et si les ombres viennent encore se confondre, ici et là, avec les traits de lumière, ce n’est que pour rendre le tableau du passé plus réel et plus beau et vous inspirer l’adoration des voies de Dieu et une reconnaissance profonde. De fait, nous devenons optimistes quand nous pensons au bon vieux temps. J’en suis arrivé là, que voulezvous? Aussi quand, emportés de Bloemfontein par la vapeur d’abord, jusqu’à Thaba-Nchou — une grande nouveauté! — puis, par quatre bons coursiers au Lessoulo, le panorama grandiose de nos Maloulis s’est subitement déroulé devant nous, j’ai tressailli d’émotion comme le fait le jeune homme à la vue du toit paternel, après plusieurs années d’absence.

Et cependant... quels changements! C’est bien le même pays, déchiré par de profonds ravins, ce sont bien les mêmes

). Ce renfort était composé de M. et Mme Gustave Berger, missionnaires, de Mlle Sophie Amez-Droz, institutrice, de Mlle Mina Kleinhans, fiancée de M. Champod, et de M. Ernest Huguenin, artisan.

2. Journal de voyage, impr. dans J. M. E., 1903, 2e sem., p. 161 et suiv.

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