UNE UNION DE PRIERE 5/| I
dit Rutherford, qu’il se vide pour le ciel, et que ce qui nous détache d’ici nous attire Là-Haut.
« Une de nos grandes préoccupations, le poids que nous portons sur notre cœur, c’est l’œuvre elle-même. Nous soupirons — oh! combien ardemment! — après le mouvement des os secs. Nous crions à Dieu et nous attendons!
« Quand nous lisons les grandes choses que Dieu a faites à Livingstonia et dans l’Ouganda, pour ne parler que de notre Afrique malheureuse, nous sommes tristes. Dieu nous visitera aussi. Je suis humilié et émerveillé. Quelles grandes choses le Seigneur a faites là-bas! Et pourquoi pas chez nous? Ah! ce réveil, quand viendra-t-il?
« Avec les missionnaires du Bas-Zambèze, de Blantyre, du Nyassa et du lac Bangouéolo, nous avons formé une union de prière et j’y suis entré de toute l’ardeur de mon cœur. J’ai plus de foi dans les prières des autres que dans les miennes. Je sais bien que l’Esprit de Dieu en nous — quand nous prions réellement — nous inspire les prières (Rom. vm) que Jésus lui-même présente au Trône de la grâce. Mais je ne suis pas un homme de prière et je voudrais l’être. Je suis encore à I’a b c, je crains. Un frisson m’a saisi l’autre jour en méditant dans une réunion d’église sur ces terribles paroles à Laodicée : c( Tu as le bruit de vivre, mais tu es mort ! » O mon Dieu! Quel abîme entre être et paraître ! »
Le i5 mars, le roi partit pour les Mafoulos ; le 17 mars, Coillard s'y rendit ; le roi était si prévenant, si plein d’égards, que Coillard en conçut des craintes. En effet, le samedi 19 mars, le Ngambéla amenait à Coillard deux jeunes gens qui déclarèrent au vieux missionnaire, d’une façon insultante, qu’ils voulaient quitter son école pour aller chez Willie.
« Et que dis-tu, toi, me dit le Ngambéla? » — « Que veux-tu que je réponde à de telles insultes? Je trouve étrange que le
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roi et toi vous cherchiez mon consentement pour cette brèche que vous faites à notre école. Soyez-en sûrs, avec l’esprit de ces jeunes gens-là vous irez loin, plus loin que vous ne pensez. La parole de Dieu le déclare et nous l’avons souvent vu : « L’orgueil va devant l’écrasement et la fierté d’esprit devant la ruine ! » Ils se levèrent et partirent. Un moment après, leur salut royal dans la cour de Léwanika me disait que le roi avait donné son assentiment et ainsi consacré une des premières victoires de l’éthiopisme. C’est une fuite par laquelle notre école va se vider.
Le soir (19 mars), de Prosch est arrivé de Maboumbou. Le roi l’a reçu aussi. Après le dîner, ce dernier nous a accompagnés à notre chambre et là, nouvel entretien sur le même sujet. Le roi a déclaré qu’il était vaincu par toute cette jeunesse qu’il essaie, malgré elle, de retenir à notre école. Tous se plaignent de ne rien apprendre parce qu’ils n’apprennent pas l’anglais. Ils savent très bien la Bible, oh!... et d’autres choses. Mais qu’est-ce que cela? C’est l’anglais qu’il leur faut, et l’anglais nous ne voulons, nous ne pouvons pas le leur donner.
Je reprochai au roi son manque de véracité et, m’appuyant sur des faits, je le rendis responsable de cet état de choses. C’est lui, de fait, qui a ruiné notre école. Aussi, qu’il le sache, il recueillera ce qu’il a semé. L’esprit d’insubordination et l’orgueil effréné de toute cette jeunesse qu’il ne peut plus gouverner se tourneront contre lui. Oh! le mensonge chez cet homme! Tout cela, il l’a voulu ; il joue la comédie en prétendant le contraire, et les jeunes gens le savent.
Les Mafoulos, dimanche 20 mars igo/f. — J’ai prêché sur Félix, Festus et Agrippa. Grand auditoire d’hommes.
Le Ngambéla a montré de l’humeur, toujours au sujet des garçons qu’il va conduire chez Willie, en se mettant le matin entre le roi et moi, en me tournant le dos sans me saluer, ce