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A Alfred Boegner, 8 avril

F. COILLARD AU ZAMBÈZE

546 F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

nous tous, nous invita, nous, de la Vallée, avec nos évangélistes, à une semaine de retraite pastorale (ier-6 avril). Il avait élaboré un programme dont le seul tort — si tort il y a eu — était d’être très chargé. Outre les services spéciaux du Vendredi Saint (ier avril) et de Pâques, nous avions trois études par jour, sans compter la réunion du matin, ouverte à tout le monde, et chacun de nous, missionnaires présents, nous avons été appelés à y contribuer. Voici, du reste, les sujets que nous avons abordés :

i° La résurrection, son importance eschatologique et son rôle dans la vie spirituelle du chrétien ;

2° La foi, l’œuvre de Dieu: Abraham, le croyant;

3° Le rôle central de l’amour, en Dieu dont il est l’essence, en l’homme dont il est la raison d’être : Moïse, l’homme aimant ;

4° L’amour, agent actif de l’évangélisation du monde, accomplissant le reste des souffrances du Christ pour l’Église qui est son corps.

« Il s’est dit de bonnes et belles choses au cours de ces études; nos vues se sont élargies et des horizons nouveaux et inattendus se sont ouverts devant nous. Venant de la lutte, des eaux amères de Mara, avec nos tristesses et nos déboires, nous avons puisé avec joie à ces sources de salut, nous avons campé sous les frais ombrages d’Élim. De Prosch, avec ses trois causeries hygiéniques, nous a procuré une détente qui, pour nos évangélistes surtout, était d’une grande importance. »

Il est difficile maintenant de mettre par écrit toute la fraîcheur des impressions de ces beaux jours. L’étude des sujets que l’on m’avait donnés à traiter : la résurrection et son rôle dans le salut et dans la vie chrétienne, et le rôle central de l’amour en Dieu et en l’homme, a été pour

LA SITUATION s’ AGGRAVE 547

moi une source de grande puissance spirituelle. J’y ai mit toute mon âme.

Je me levai tous les jours, comme d’habitude, à trois heures du matin, pour me préparer, ce fut un temps béni.

Un jour, durant ces réunions de Séfoula, Coillard dit à Mlle Kiener :

« Il me semble que je suis encore au bord et que je n’ai encore rien compris de l’amour de Dieu. s>

« Et cependant, dit Mlle Kiener, il nous transportait au ciel. »

Une agape, sous la forme d’un thé familier, un service solennel d’actions de grâces et la Cène ont terminé notre retraite, le mercredi soir (6 avril). J’ai parlé sur Esaïe xii, 3, 4 : « Vous puiserez de l’eau avec joie aux sources du salut. y>

Le lendemain, tous partaient ; moi, je restai jusqu’au samedi pour me reposer et m’occuper de mon bétail qui meurt.

Le samedi 9 avril, Coiilard se rendit à la résidence d’été de Mokouaé ; il y prêcha le dimanche ; le lundi, tandis qu’il se rendait à la station de Nalolo, auprès de M. et MmeLageard, il apprit que ceux-ci venaient de perdre leur petite Madeleine et, le lendemain, M. Coillard présidait à l’enterrement.

Le i3 avril, il rentrait àLéalouyi; une terrible lutte l’attendait : les évangélistes menaçaient de se ranger du côté des Ethiopiens.

« La situation s’aggrave1. Ce qui est nouveau, c’est l’attitude de nos évangélistes.

« Je vous ai parlé de ces belles réunions de Séfoula — une

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