‹ François CoillardChapitre 257 sur 282 · Lettre à Alfred Boegner, Léalouyi, 29 avril · texte numérisé non relu

Lettre à Alfred Boegner, Léalouyi, 29 avril

F. COILLARD

MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

d’Adolphe et nous avoir demandé des leçons en plus? La destitution qui les avait frappés me fut aussi lancée à la figure, et ils me dirent que, puisqu’il ne leur était plus permis de prêcher l’Evangile même chez eux, ils devaient chercher ailleurs la liberté de le faire, etc... Bref, après leur aAoir dit franchement que, s’ils voulaient passer aux Éthiopiens, ils ne nous cherchassent pas querelle pour couvrir leur retraite, et surtout, après avoir flétri le serment qui les lie, je leur montrai le scandale de leur folle conduite, je les conjurai de ne pas détruire l’œuATe de Dieu déjà si difficile : <c Vous avez plusieurs maîtres, mais après tout vous n’avez qu’un seul père. Je vous parle comme à mes enfants que j’ai enfantés et que j’affectionne. Suivez mon conseil. » ce Ils me demandèrent un peu de temps pour considérer ce que j’aA ais dit. Ces heures d’attente, je les passai seul dans la brousse. Dieu connaît mes angoisses et mon agonie. Ils revinrent après le goûter et m’annoncèrent qu’ils allaient retourner aux Mafoulos, chez Adolphe. Ils voyaient leur conduite sous un jour tout nouveau : cc Mépriser les conseils d’un vieillard, c’est se perdre. » Nous nous mîmes à genoux et bientôt iis reprenaient le chemin des Mafoulos. Depuis lors, ils se sont mis à l’étude de la Bible avec entrain, me dit Adolphe, prennent des notes, etc... et les leçons durent, avec de courts intervalles, de 8 heures du matin à io heures du soir. Voila est allé prendre sa part du travail. J’aurais voulu le faire, moi, maison ne me le permet pas, pour raison de santé. Il faut bien que j’obéisse à mon tour.

cc Dimanche, Adolphe a fait prêcher l’après-midi un des cc destitués » de sorte que tout est rentré dans l’ordre. Oui. Mais l’avenir est gros d’orages. Et jamais, plus que maintenant, nous n’avons eu autant besoin de devenir prudents, sages et surtout aimants. Nous avons de l’amour; mais il faut que nous devenions aimants, que l’amour devienne

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