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DERNIÈRES LIGNES DU JOURNAL INTIME DE GOILLARD

AUX MAFOULOS

de revoir Adolphe Jalla. Samedi est jour de congé pour toutes les écoles, mais j’ai vu nos évangélistes qui sont tous animés d’un excellent esprit. L’après-midi, nous avons été faire une série de visites.

Coillard vit, entre autres, le roi :

Ah ! le pauvre homme, comme il a changé !

Après avoir fait, dans son journal, un tableau de la corruption qui règne à la cour, et « dont les blancs, malheureusement, donnent l’exemple », Coillard s’écrie :

Quelle horrible page noire je viens d’écrire; quand je pense à la réalité, je frémis d’horreur.

Le dimanche i5 mai, j’ai prêché sur l’Ascension :

Le fait historique de l’Ascension ;

La manière dont elle s’est faite ;

L’entrée du Sauveur au ciel comme vainqueur (Ps. xxiv et Éph. iv, 8) ;

Assis à la droite de Dieu. Qui l’a vu? Témoignage des mourants, Etienne, Jean ;

Ce qu’il fait : grand prêtre, il offre son sang, il intercède, il distribue ses dons ;

Il vit. Il reviendra.

Le roi, malade, n’est pas venu. On écoutait avec une singulière attention et, plusieurs fois, j’ai eu de la peine à maîtriser mon émotion. Jamais on n’a mieux écouté. Mais que fait-on de tout cela? La veille, pendant une bonne réunion de prière, on a battu du tambour tout le temps, à la porte de la cour.

Après le culte, j’ai eu une crise comme vendredi : des vomissements, de la fièvre, j’ai été forcé de me mettre au lit.

F. CO ILLARD

MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

Ce matin (lundi), je suis un peu mieux; j’ai fait dire au roi que j’irais déjeuner chez lui ; il m’a attendu jusqu’à 8 heures et demie, mais je n’ai rien pu prendre. Je roulais lui parler, mais il y avait tant de gens autour du kachandi et lui-même était si peu bien, avec son rhume de cerveau, que je n’ai pas pu. Je suis parti à 9 heures et demie et, à 1 1 heures et demie, je débarquais à Loatilé, rompu, mais assez bien.

Ici s’arrête le journal intime. Le lendemain, mardi 17 mai 1904, Coillard écrivait encore deux billets aux missionnaires de Maboumbou ; ce sont les derniers messages de lui que nous connaissions ; l’un est adressé à M. Gustave Berger :

« J’ai un peu de fièvre, mais rien de sérieux du reste. Je suis debout, mais il m’en coûte d’écrire. J’ai été aux Mafoulos dimanche, entre deux accès de fièvre, mais ça va déjà mieux. »

L’autre est adressé au docteur de Prosch, en lui envoyant, pour son jour de naissance, une botte d’instruments de dentiste :

« Je n’ai pas oublié votre jour de naissance. On a pris soin de m’en faire souvenir; on sait que d’habitude, hélas ! j’ai l’infirmité d’être oublieux. J’ai prié pour vous, comme pour un frère bien-aimé, dont je connais les circonstances, les sentiments et les besoins, autant qu’un ami peut les comprendre. Dieu vous donnera encore de longs jours, et la grâce d’avoir une grande clientèle, c’est-à-dire une grande sphère d’action, une vaste influence et beaucoup de joie. Je citais à Mlle Kiener, Esaïe lxvi, 5, je vous le passe : <c Que l’Eternel montre sa gloire et que nous voyions votre joie. »

« Cher ami, j’ai été, à mon heure, un arracheur de dents ;

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