DERNIERES LETTRES
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je puis vous assurer que je n’étais ni charlatan, ni menteur. Mais cette boîte m’est devenue un meuble inutile. Je vous la donne et, si vous deviez un jour avoir un successeur, vous la lui passeriez aussi. Voilà.
(( Mon temps est fini.
« Je ne suis pas très bien, mais je pourrais être plus mal; ce sont seulement des accès de fièvre plus malencontreux que dangereux. Je ne suis jamais longtemps traînant l’aile. Du reste, ça va mieux.
« Merci de votre intérêt pour mon pauvre bétail1 2. Une attache de moins, elle n’était pas forte celle-là.
« Vous faites bien de faire des remontrances au roi. Ecrivez-lui poliment, fermement et envoyez par un exprès.
« A vous de cœur. »
Coillard voulait encore lutter contre la maladie ; dans la nuit du mardi au mercredi, il s’aperçut que rhématurie commençait1. Le mercredi (18 mai) encore, au lieu de rester couché, il allait de son lit à son cabinet d’étude, se recouchait, faisait un marché, et cela en gémissant presque tout le temps. 11 comprit que ce pouvait être grave et il fit appeler le docteur de Prosch, qui arriva le même soir. Il n’avait pas encore regagné son lit « parce que, disait-il, je crains de n’en plus sortir ». Sur ces nouvelles inquiétantes, MM. Voila et Adolphe Jalla, M1IeKiener et Mme Bouchet arrivèrent le 19 mai. Le mal sembla bientôt céder et ceux qui entouraient Coillard reprirent l’espoir de le conserver; ils parlaient même d’un voyage en Europe qui lui serait imposé, dès que sa santé le permettrait. Cependant la faiblesse restait extrême et les douleurs très fortes.
Coillard espéra continuellement revoir le roi, mais Léwanika se contenta, à deux reprises, de faire prendre de ses nouvelles. Cela