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2. Le récit des derniers jours de Coillard est tiré des lettres de MM. Adolphe Jalla, Georges Voila et de Prosch (J. M. E., 1904, 2e sem., p. i28etsuiv. ; — Nouvelles du Zambèze , 1904, p. 77 et suiv.), ainsi que des témoignages de MIIe Kiener et de M. le docteur Georges Reutter.

F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

fut profondément douloureux à Coillard; le roi le fit ainsi souffrir jusqu’au bout, si bien qu’un missionnaire a pu dire : « C’rst le roi qui l’a tué. »

Quoique la convalescence ne fût pas franche, le docteur croyait encore à la possibilité de la guérison : « N’y eussé-je pas cru, le malade m’aurait forcé à y croire, tant il m’arrachait de déclarations rassurantes. C’est à peine si j’osais lui dire, en passant, que son état était très sérieux. »

Coillard souffrait beaucoup.

<r Qu’il est difficile, au moment de la souffrance, dit-il le dimanche, de se cramponner à quelque parole qui réconforte; la souffrance ne nous éloigne pas de Dieu, mais elle met comme un voile entre nous et lui. »

Ce fut dans la nuit du lundi 23 au mardi 24 que tout espoir de guérison disparut.

Coillard désirait-il vivre et ne pas quitter l’œuvre à un moment si grave ? Eut-il de la peine à accepter la volonté de Dieu, quelle qu’elle fût ? On peut le supposer, car le mardi soir, il dit à Mlle Kiener :

« Je viens de passer par un noir passage, la lutte a été bien grande, mais je crois que Dieu va me relever, »

Il montra ces deux textes fixés à la paroi : « L’Eternel est celui qui te guérit » et « La paix soit avec vous. »

« Dieu, dit-il, a encore du travail pour moi. Ma tâche 11’est pas finie et Dieu me laisse encore. »

Et c’est ainsi qu’il s’endormit, tout à fait paisible, comme certain que Dieu le relèverait et le laisserait au travail ; c’est cette certitude, conservée tant qu’il a eu sa connaissance, qui explique qu’il n’ait pas fait d’adieux.

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