F. COI LL A. RD
MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE
sa station. Toute la famille, tout le village vinrent au-devant de nous. C’était le 2 3 février.
L’accueil qu’on nous fait est des plus chaleureux. Les Gonin nous reçoivent chez eux et nos ouvriers ont place à leur table. Nos noirs aussi sont bien reçus. On leur a cuit une abondance de nourriture. Et pourtant il y a famine ici. Notre séjour est un peu assombri par les pluies et par nos bœufs qui meurent. Nous en avons déjà perdu sept. Toujours le redwater ! Que Dieu nous soit en aide !
Nous devions partir le jeudi 28 février, les pluies nous en empêchèrent. L’eau coulait partout. Mais ce qui était bien plus grave c’étaient les fondrières qui s’étendent sur six à huit lieues sans interruption. On nous prédit que nous en aurions pour trois semaines si jamais nous réussissions à en sortir. A force d’aller aux renseignements, nous découvrîmes qu’il y avait un autre chemin plus long, mais un peu meilleur. Deux jeunes gens s’ollrirent pour nous servir de guides. Nous nous consolâmes tristement en tuant encore un bœuf malade.
Lundi 3 mars i88£. — Enfin, nous avons pu partir. A 5 heures du matin tout le monde était sur pied et à 7 heures et demie on se mettait en branle. Notre prière d’adieu, au milieu d’un grand concours d’amis, fut émouvante.
Au commencement tout alla bien. Les chemins étaient défoncés, mais nous avancions tout doucement. Après midi, nous entrions dans la région des fondrières, non sans avoir d’abord plié les genoux devant le Seigneur. Mon wagon qui ne s’arrête jamais, s’embourba pourtant et deux attelages eurent de la peine à le sortir. Vint ensuite celui de Lévi, qui s’enfonça tellement que tous les attelages, même doublés, furent impuissants. Nous travaillâmes tard dans la nuit, mais en vain. Les bœufs qui s’enfonçaient jusqu’au ventre refusaient de tirer, les uns regardaient la voiture, d’autres se