Éd. Favre, ouur. cité , p. 424 et suiv
AMPEMENT A LECHOMA (SEPTEMBRE L88 ■'
ARRIVÉE A LÉGHOMA
de laquelle nous étions arrêtés. L’après-midi nous y conduisîmes les wagons. Tout le monde est enchanté de cet endroit. 11 est en effet charmant, ombragé, il domine toute la vallée et, à l’horizon, le regard s’arrête sur les collines bleues qui sont au delà du Zambèze. Il y a cependant deux désavantages, le sable y est profond, noir, fin et pénètre tout, et l’eau est loin.
Des chasseurs sont arrivés. Gomme les pauvres gens avaient Tair fatigué ! Amaigris, affamés, poudreux, ils étaient là assis dans la cour avec leurs gourdes, buvant à longs traits, sans parler. Voilà ce qui nous attend.
« Léchoma 1 ! C’est notre Béthel à nous. Nous nous arrêlàmes ici dans nos pérégrinations, il y a six ans. Au milieu de préoccupations, d’angoisses et de luttes, que Dieu seul connaît, et à la lueur d’un rayon d’espoir, s’ouvrirent alors devant nous des horizons nouveaux. C’est une date importante dans notre carrière. 11 fait bon revenir à Léchoma, s’y arrêter, se recueillir pour adorer les voies de l’Eternel et célébrer sa bonté et sa fidélité. »
Le mercredi 3o juillet, Coillard, M. Jeanmairet, Middleton, Waddell, Lévi et Joël, se rendent au bord du Zambèze, au gué officiel de Kazoungoula.
La vue du fleuve fit battre tous nos cœurs d’émotion; nous tombâmes spontanément à genoux pour bénir Dieu et nous consacrer de nouveau à son service. Puis nous déchargeâmes nos fusils 2, pas de réponse ; une deuxième, une troisième fois, jusqu’à la sixième, sans plus de succès. Nous
1. Lettre de Léchoma, 7 août 1884, impr. dans J. M. E.} 1 885, p. 107 et suiv. ; — Sur le Haut-Zambèze , p. 119 et suiv.