Manière de s’annoncer, selon la coutume du pays
84 F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE
eûmes beau tirer, appeler, personne ne répondit. Force nous fut de passer la nuit là.
Le lendemain il y avait de la gelée blanche. De nouveaux coups de fusil restant sans réponse, nous fîmes, avec ce qui nous restait, un maigre déjeuner. Et... nous revînmes. Ma femme était malade et alitée. Elle avait profité de notre absence pour faire sa lessive, ce cauchemar qui la poursuivait depuis Mangouato.
« Voilà notre première visite au Zambèze, un seau d’eau froide sur nos jouissances anticipées \ »
Léchoma , dimanche io août i884 • — Ha fallu s’approvisionner de blé; grande affaire dont tout le poids est tombé sur ma pauvre femme. Elle s’en tire mieux que moi. Ces Zambéziens, comme tous leurs congénères, sont nés marchands. Ils apportent leurs denrées dans des calebasses ; ce sont des haricots, du mabélé, du millet, des arachides. Et, assez souvent, tout cela mélangé ensemble. Chaque calebasse vaut un sètsiba, c’est-à-dire deux mètres d’étoffe mesurés à grandes brassées. Passe encore pour les grandes calebasses, mais les moyennes et les petites? Voilà où commence la difficulté. Ces messieurs veulent un prix égal pour les petites comme pour les grandes. D’où chicanes. Nous avons fait de cela un sujet spécial de prières. Nous avons été exaucés d’une manière admirable. Ma femme reste tranquille dans la tente, se fait apporter les calebasses, mesure et donne son étoffe ou sa verroterie et tout est dit. Lévi, le brave Lévi, s’est aussi volontairement imposé le devoir d’aider « sa mère ». Il est toujours là quand viennent les ven-
i. Lettre de Séchéké, 19 août 1884, impr. dans J. M. E., i885, p. 1 35 et suiv.; — Sur le Haut- Zambèze, p. 124 et suiv.