AU BORD DU ZAMBEZE
deurs, ainsi que Ben, un de nos hommes aussi, qui, lui, parle avec d’autant plus d’autorité qu’il s’exprime fort bien dans leur langue.
Arrivé à Léchoma, malgré les lourdes responsabilités, malgré les difficultés, malgré la fatigue, Coillard peut écrire1 :
« Oui dira avec quels sentiments de soulagement, de joie et de reconnaissance nous avons tout de bon dételé nos voitures et planté nos tentes? Oui, le voyage a été long, dispendieux et difficile. Ce qui nous en reste, c’est une profonde lassitude physique et morale ; il nous semblait parfois que les ressorts étaient détendus et que les sources de la vie tarissaient. Mais, jour après jour et dans chaque circonstance, Dieu nous a donné la mesure de grâce nécessaire. Nous avons appris à nous décharger sur lui de tous nos soucis, et il a eu soin de nous. Auprès de l’Ebénézer que nous élevons ici, au nom de Celui qui a compté nos allées et nos venues, le passé nous inspire l’adoration et la louange ; l’avenir, le calme et la confiance. Guidés par l’œil de l’Éternel, conduits par sa main toute-puissante, un pas à la fois nous suffît. Nous le savons, la lumière est semée pour le juste, et la joie pour ceux qui sont droits de cœur. »
« L’avenir de notre mission du sud de l’Afrique est ici 2. Je suis surpris que tout le monde ne le voie pas. »
1. Léchoma, 7 août 1884, impr. dans J. M. E., i885, p. 107 et suiv. ; — Sur le Haut-Zambèze, p. 1 1 9 et suiv.