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Dimanche 1 1 janvier. — « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, paix sur la terre, bienveillance envers les hommes. » Qu’il fut beau le jour où ce cantique sublime fut chanté par les anges ! Oh ! il me semble rêver quand je pense que c’est aujourd’hui la première fois que ce cantique a trouvé de l’écho et a retenti ici, à la capitale des Barolsis ! Mon cœur bondit de joie. En jetant un regard en arrière, je suis rempli d’admiration pour les dispensations du Seigneur. Il fait bien toutes choses. Il a dirigé, avec amour et indulgence, tout ce qui concerne nous et notre mission. Il n’a eu égard ni à nos misères, ni à la faiblesse de notre foi, mais seulement à la grandeur de l’œuvre qu’il veut faire par nous.
Nous avons eu notre premier service d’évangélisation. Il y avait affluence. Dès le point du jour, le crieur avait fait le tour du village, criant à réveiller les morts que c’est aujourd’hui le « jour de Dieu », que personne ne devait aller aux champs, mais que tout le monde devait venir entendre les choses de Dieu. Du moment qu’on entendit notre cloche, nos cantiques au lékhotla et que le roi eut pris place, tout le monde accourut. Mais de femmes, point. On fut très attentif pendant que je développais cette belle parole : « Paix sur la terre ! » Pauvres Barotsis ! croient-ils encore à une paix quelconque ? Ils sont fatigués et dégoûtés, et ils le disent. Aaron parla aussi. « Des gens qui apportent la paix ! disait le Natamoyo1, qui ne les recevrait pas à bras ouverts ? Oui nous donnera du sommeil ? Oui, la paix ? » — « Ce que nous te demandons, disait le Ngambéla, ce ne sont nullement des présents d’étoffes, mais l’enseignement que tu apportes. Nous avons faim de la vérité qui rend les hommes meilleurs. Nous avons des cœurs jaunes et c’est
1. Le Natamoyo a le droit de vélo sur les actes et les projets du roi. Il a le droit de sauver la vie de quiconque cherche un refuge auprès de lui. Il est le premier après le premier ministre appelé Ngambéla.
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MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE
pour cela que notre terre est assouvie de sang. » Quand tout cela est dit au lendemain d’une révolution et au milieu d’une capitale en ruines, on sent que ce ne sont pas de vaines paroles.
Coillard devait aller choisir remplacement de la future station, mais, de nouveau, les chefs et le pauvre jeune roi, leur créature, atermoyèrent.
Les moustiques, les danses et les chants nocturnes empêchaient absolument le missionnaire de dormir.
OJi ! comme ces danses frénétiques fatiguent le moral et comme ces insomnies épuisent le corps 1
Lëalouiji, 18 janvier. — Les jours passent lentement et lourdement. C*est un misérable endroit pour y vivre sans livres, sans occupations régulières, sans connaissances. Je n’ai jamais su, comme maintenant, ce que c’est que l’ennui. Je prendrais mon mal en patience, si je pouvais parler avec les chefs et avancer les affaires. Le jeune roi est entièrement absorbé par d’autres soucis; il est traitable et simple, mais il est difficile de l’atteindre. Nous n’avons pas encore pu aller à Ivatongo x. C’est toujours pour demain, cette fois sans manquer, assure-t-on. Nous verrons. Il me tarde extrêmement d’avoir conclu quelque chose et de retourner à Léclioma. Tous ces jours-ci il pleut et l’inondation1 2 gagne du terrain. Nous sommes déjà ici sur un îlot, mais personne ne s’en préoccupe.
Lundi ig janvier. — Il nous a été impossible d’avoir nos services publics hier. A 8 heures du matin, nous étions déjà