Fille d'Aaron, morte à Léchoma, en l'absence de son père
I 1 6 F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE
d’airain, morale et physique, pour soigner des malades comme Waddell et Lévi. Elle pleurait en me racontant ses peines. Mais une lois qu’elle eut épanché son cœur, elle se sentit soulagée et quelques jours de repos d’esprit la rétablirent.
g mars 1880. — Toujours des alternatives d’ombre et de lumière ! Me plaindrais-je ? Ne faut-il pas les deux pour la croissance et la maturité des fruits ? Il faut aussi des hivers et des orages. Nous en avons notre part.
Coillard eut des difficultés de tout genre, avec les ouvriers noirs, avec les évangélistes ; enfin, il apprend que des cinquantequatre bœufs, qu’en octobre 1884 il avait envoyés avec ses wagons pour se ravitailler et pour rapporter de Mangouato les bagages qu’il y avait laissés, vingt sont morts et dix-neuf sont malades ; or, ces bœufs lui étaient indispensables pour transporter à la Vallée tout ce qui lui était nécessaire.
25 mars. — Notre déménagement se complique singulièrement. Ah ! que cela est dur à accepter ! Que c*est mystérieux ! Quelle angoisse cela me donne ! Si seulement c’était une perte personnelle ! O mon Dieu, pourquoi nous affliges-tu ainsi ?
Aujourd’hui, ma pauvre Christina est très malade, elle m’inquiète beaucoup. Verrons-nous nos noces d’argent l’an prochain ?
Des bruits de guerre civile arrivent de la Vallée ; donc, pas question pour le moment d’aller y établir la mission.
La fièvre s’acharne sur toute la petite colonie de Léchoma ; à la fin d’avril, Coillard est en danger pendant plusieurs jours.
2g avril. — Pendant tout ce temps, l’ennemi n’est pas inactif. D’après des rumeurs venant de l’autre côté du