‹ François CoillardChapitre 61 sur 282 · UN MESSAGE ROYAL · texte numérisé non relu

UN MESSAGE ROYAL

lui préparer un grand désappointement. Je le sens et cela me tracasse. Et pourtant je devrais publier quelque chose sur notre premier voyage au Zambèze x. Je me suis aussi remis à l’étude du sérotsi.

Aujourd’hui sont arrivés des Barotsis envoyés par le roi. Il leur a donné un message pour nous : « Il faut que nous partions immédiatement avec armes et bagages pour la Vallée. » Ces messagers, avec Kataou et Mothibi, deux chefs de Séchéké, à leur tête, sont venus nous voir très solennellement et m’ont transmis ce message. Je leur ai répondu que les chefs de Séchéké, depuis que je les connais, n’ont fait que mettre des obstacles sur mon chemin et n’ont jamais essayé de m’aider. Je me suis plaint, j’ai exposé mes griefs très carrément. Gela a piqué Rataou qui s’est défendu, assez faiblement du reste. Je n’ai pas répliqué. Gela a jeté du froid sur notre entrevue.

g février . — J’ai passé par quelques jours de luttes et de tristesse. Mais maintenant tout est paix. Mon voyage à la Vallée me préoccupait et absorbe encore mes pensées. Les chefs de Séchéké sont toujours les mêmes. Mais comme je sais que leur plan est de me faire attendre qu’eux aillent à la capitale, cela m’émeut peu. J’attendrai jusqu’au ier mars et, à défaut de canots, je partirai à pied.

12 février , soir. — L’an passé à cette heure-ci, je revenais de la Vallée et je rentrais à Léchoma. La fièvre nous avait visités alors. Cette année, cette saison du moins, quel

i. Nous avons utilisé la rédaction à laquelle Coillard fait ici allusion. Voy. Ed. Favre, François Coillardy missionnaire au Lessouio, p. vu. Coillard avait travaillé à cette rédaction en i883 à Léribé, en i885 à Léchoma. Enfin, en 1890, à Séfoula, il s’y était remis, lorsqu’il apprit que M. Théoph. Jousse avait publié son histoire de La Mission au Zambèze'; il renonça aussitôt à son travail : « Le public n’y perdra rien, écrit-il à A. Boegner (i4 mars 1890). Vous savez si c’est gaiement que j’envisageais la publication d’un livre. Je ne cédais qu’au sentiment du devoir et au désir constamment exprimé par différents amis. »

F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

contraste ! Que Dieu est bon ! Nous le bénissons chaque jour pour le grand bienfait, qu’il nous renouvelle, d’une excellente santé.

Léwanika avait définitivement ressaisi le pouvoir ; Coillard devait aller faire avec lui de nouveaux arrangements, laissant à Séchéké Mme Coillard et M. et Mme Jeanmairet.

1 8 février. — Le 26 février il y aura vingt-cinq ans que nous nous sommes mariés. Oui ne me pardonnerait de désirer retarder mon départ de quelques jours afin de fêter avec Christina nos noces d’argent ?

Vendredi 5 mars. — Enfin mon voyage à la \ allée se dessine. Après beaucoup de pourparlers, de délais, de déboires, les chefs m’ont procuré des canots et Mokoumoa- Koumoa me conduira à la Vallée.

Le samedi G mars, Coillard quittait Séchéké :

y mars 1886. — J’ai béni Dieu de ce que j’ai pu partir avec calme, sans être trop pressé. Mon voyage paraît moins formidable aujourd’hui que l’an passé. Nous sommes dans le pays, nous y avons même pris pied. Nous connaissons un peu plus les gens. Et puis, je crois que notre confiance en Dieu a aussi grandi. Nous avons été très préoccupés, ces derniers temps, par la guérison par la foi. Je me sens humilié de n’ètre pas encore arrivé au point où en sont d’autres chrétiens. Je crois que Dieu bénit les moyens employés, mais ne pas employer de moyens me semble tenter Dieu. Je crois fermement que Dieu peut nous garder de la maladie. Nous le lui avons demandé ensemble. Dieu nous exaucera et j’ai l’esprit tranquille. J’ai confiance que tout ira bien.

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