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Instrument de musique dont on joue devant le roi

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rassembla tout le monde, hommes et femmes, un auditoire de 5oo à 600 personnes. Les jeunes gens deSéchéké me soutenaient un peu par le chant. Je suivis la même méthode qu’à Nalolo. Je lus les commandements en les paraphrasant, les résumai au milieu d’une attention sérieuse ; puis j’essayai de leur faire comprendre l’Evangile, partant de l’idée que je suis un ambassadeur. Je leur pariai de mon Roi, du message qu’il m’a confié, le tout entremêlé de deux ou trois chants. La prière, comme toujours, les étonna et quand ils eurent fini de répéter, après moi, l’Oraison dominicale et prononcé : Amen, ils se relevèrent en éclatant de rire : « Nous étions morts et nous voici de nouveau en vie ! » Cette notion de la prière est pénible. Nous la déracinerons avec le temps, j’espère. Le chef ne s’agenouilla pas. Mais lui aussi, un jour, fléchira les genoux devant Jésus.

L’après-midi, nouvel auditoire aussi nombreux que le matin, mais plus sérieux. J’ai parlé dans le même sens, lisant plusieurs portions de la Parole, affirmant que c’est au nom de Jésus que nous venons dans ce pays. Je fus tout particulièrement soutenu et je sentis l’émotion me saisir quand, pour la première fois devant ces pauvres Barotsis qui m’écoutaient bouche béante, j’exaltai mon Sauveur. Oh ! jamais je n’ai mieux senti sa présence. Je ne cédai pas à l’émotion qui me remplissait le cœur, mais je parlai avec force, je parlai comme je voudrais toujours parler.

Malgré la fièvre, dont il subit une ou deux atteintes, Coillard visita quelques emplacements pour la future station.

5 avril 1886. — Long entretien avec le roi, chez lui. Je l’aime de plus en plus. Il me dit tout, sans gêne, sur leurs coutumes et leur histoire. Il est intelligent, un peu enfant dans l’intimité, ce qui 11’est pas précisément un défaut.

l40 F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

Comme je lui disais qu’il nous fallait faire plus ample connaissance, il me regarda fixement et me dit : « Tu parles de toi, missionnaire; mais moi, dès que je t’ai vu, ça m’a suffi, je me suis donné à toi, c’est ma nature. »

Chaque jour ce sont de nouveaux entretiens avec le roi1. Une fois (6 avril), celui-ci demanda au missionnaire comment il devrait gouverner afin que son règne s’affermit.

Je me recueillis un instant et je lui dis :

« li te faut gagner la confiance de ton peuple et inspirer aux plus humbles un sentiment de parfaite sécurité. Pour cela, mets l’épée au fourreau, une fois pour toutes, et renonce à la vengeance.

« Punis sévèrement le vol et extirpe-le.

« Accepte franchement l’Evangile pour la tribu et pour toi-même. »

Et nous fûmes bientôt engagés dans une conversation captivante qui dura jusqu’à midi.

« Le roi, est aimable2, causeur, communicatif. Mais il a une volonté qui ne souffre pas la moindre opposition. Si jamais il devient hostile à l’Evangile, nous aurons des tribulations très certainement. »

Le 8 avril, Coillard prend le chemin du retour ; en route, il lit L’Espèce humaine de Ouatrefages, qui l’intéresse si vivement, qu’il en a « mal aux yeux de lire ». Le 17 avril, il arrivait à Séchéké :

La vue de la station me fit tressaillir. Deux coups de

1. Une de ces conversations est relatée très au long dans Sur le Haut-Zambèze, p. 194-195.

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