‹ François CoillardChapitre 64 sur 282 · ENTRETIENS AVEC LE ROI · texte numérisé non relu

ENTRETIENS AVEC LE ROI

fusil attirèrent bientôt sur le rivage des figures connues. Il n’en manquait pas une. Je fus saisi d’une telle émotion qu’en sortant du bateau, je pouvais à peine me tenir debout et retenir mes larmes. Quel moment !

Coillard revenait avec fassurance donnée par le roi que, dès que la saison serait favorable et l’inondation retirée, il pourrait monter avec sa femme à la Vallée et y fonder la mission, près de la résidence royale.

« L’œuvre qui est devant nous est grande, écrit-il 1 . Elle sera difficile et j’ai le pressentiment que des tribulations nous attendent. Mais Jésus l’a promis: « Voici, je suis avec vous, jusqu’à la fin du monde. »

La vie reprend à Séchéké avec ses difficultés toujours les mêmes ; les meurtres politiques, les vols continuent :

« Notre œuvre à Séchéké, sauf la prédication et les visites, a été à peu près nulle 2. Depuis la révolution, le village est resté désert : il n’y a que les chefs avec quelques esclaves et ils sont tellement absorbés, démoralisés par les scènes de pillage et de meurtre auxquelles ils se livrent, qu’ils ont peu de goût et peu de temps pour les choses sérieuses. C’est dans tout pays la meme chose : « La chair est inimitié contre Dieu. »

La monotonie de la vie est coupée par diverses courtes absences. Une fois Coillard va àLéchoma pour expédier le courrier, quatrevingt-sept lettres.

1. Séchéké, 19 avril 1886, impr. dans/. M. E., 1886, p. 436; — Sur le Haut-Zambèze, p. 199.

Page 1