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Mouche dont la piqûre fait périr les bœufs

F. COILLARD

MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

un bourbier et que je pensais que ce n’était là que le commencement de tout un mois de voyage, je sentis mon courage près de défaillir. Une profonde tristesse me saisit et ce n’est qu’après une grande lutte que je la surmontai.

« Nous avons travaillé tous ces jours-ci1, jusqu’à ce que la hache nous tombât des mains. Nous sommes tous noirs comme des charbonniers, et nous pouvons à peine nous regarder sans rire. A partir de Séchéké, le pays, bois et plaines, récemment brûlé, est tout couvert de cendres qui, soulevées par les bœufs, nous enveloppent d’un nuage épais. Nous respirons quand, de places en places, nous trouvons l’herbe de l’an passé épargnée par la conflagration générale. Nous n’avançons pas. C’est un grand travail que d’ouvrir un chemin à travers les fourrés ; quel rude métier que celui de bûcheron ! »

La rivière du Njoko arrête Coillard pendant plusieurs jours (1-6 septembre); il y fit « des expériences toutes nouvelles » : sa voiture se renversa en traversant la rivière 2.

Mon pauvre vieux wagon, que nous avons traîné pendant des années dans des régions inconnues, au milieu de tant d’aventures, qu’il était triste avec ses côtes cassées, sa visière en lambeaux, ses fenêtres brisées, sa tente boueuse, son frein et ses caissons en pièces !

Somme toute, je me sens calme et confiant. Notre accident aurait pu être dix fois, cent fois plus grave. La tente pourra se réparer assez pour abriter ma chère femme dans

1. Au Comité, 2 septembre i88(5, dans J. M. E., 1887, p. 168 et suiv. ; — Sur le Haut-Zambèze, p. 217.

2. Le récit de la traversée du Njoko se trouve dans Sur le llaut-Zambèze , p. 218-220.

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