‹ François CoillardChapitre 75 sur 282 · ÉVANGÉLISATION · texte numérisé non relu

ÉVANGÉLISATION

et leurs serviteurs sont arrivés. Nous les avons conduits sous les arbres, là où sera l’école plus tard. J’ai inscrit les noms, fait un petit discours, Aaron a fait le sien. Mokouaé de Nalolo et tout son monde étaient là et paraissaient vivement intéressés. Nous implorâmes la bénédiction de Dieu sur cette école, puis Aaron commença; nous étions très émus.

Samedi soir , g avril. — Les jeunes gens sont pleins d’entrain, Litia surtout. Aaron leur enseigne des cantiques, l’alphabet et les rudiments de l’écriture. Christina a commencé à leur donner quelques notions de géographie et moi de chant.

4 mai. — Nous avons commencé à couvrir mon cabinet d’étude et l’atelier. Le Seigneur m’a entendu et m’a envoyé juste le nombre d’ouvriers qu’il me faut.

Coillard commence à parcourir les environs.

« Les villages des Barotsis, écrit-il \ sont des amas de misérables huttes dans les marécages. Impossible d’y aller à cheval, la bête enfoncerait jusqu’aux genoux. Pour les atteindre, il faut mettre pied à terre, sauter des fossés, patauger dans la boue et, le plus souvent, je trouve que, même alors, le hameau est inabordable. Je m’arrête sur une petite butte et quelqu’un crie à pleins poumons : « Holà, le maître du village, venez, venez vite, le missionnaire désire causer avec vous. 11 vous attend !» Et, semaine après semaine, en sonnant ainsi la cloche, sans cloche, nous parvenons à réunir le dimanche 5o, ioo et même jusqu’à 200 personnes. Mrac Coillard joue de son petit harmc-

i. Aux enfants, Séfoula, 22 juin 1887, impr. dans Le Petit Messager , 1888, p. 12 et suiv.

MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE

nium et je parle du Sauveur. Le service terminé, nous ouvrons un grand album d’images, qui se fait bien vieux mais qu’on aime toujours. Puis nous chantons encore des cantiques, nous faisons répéter F a b c, nous questionnons sur la prédication du matin et tout le monde se disperse. On n’écoute pas toujours aussi bien que vous le croiriez, car nous n’avons pas de temple et nous nous réunissons dehors au vent, au soleil, au milieu de toutes sortes de distractions. C’est aussi dans ces conditions-là que nous faisons l’école journalière. Je pense souvent à notre cher Léribé, à ce troupeau que j’aimais tant, à cette belle église où il faisait si bon prêcher. Mais ne croyez pas que je regrette d’être venu au Zambèze. Pas du tout, loin de là ! »

‘Lundi g mai. — Notre petite tournée d’évangélisation avec Aaron, samedi dernier, nous a amené un bon auditoire hier. J’ai parlé, avec bénédiction pour mon âme, sur la guérison des dix lépreux, sur la nature du péché surtout. On braquait sur moi de grands yeux, quand je disais, ce que je répète souvent : « Un roi n’est qu’un berger de Dieu, il n’a pas plus le droit de tuer des hommes qui appartiennent à Dieu et dont il n’est que le berger, qu’un berger n’a le droit de tuer le bétail de son maître. » Il faut les habituer à cette vérité étrange et dure.

Lundi 16 mai. — Hélas! quand les rayons du soleil dissiperont-ils les terreurs de la nuit? Léwanika est absorbé par les épreuves qu’il fait subir à ses principaux hommes et à leurs gens, à ses femmes, à ses cuisiniers et cuisinières. La terreur saisit tout le monde. On se demande, eh se rencontrant, qui a été saisi, qui va être brûlé.

Coillard décide de se rendre à Léalouyi pour tâcher de mettre un frein aux cruautés royales.

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