Lettre à M. B. Tron, Séfoula, 26 octobre
2. Lettre au Comité, novembre 1887, impr. dans J. M. E.} 1888, p. 1 88- 189; — Suivie Haut-Zambèze , p. 255-256.
l8o F. COILLARD MISSIONNAIRE AL! ZAMBEZE
temps, sa patience et ses forces. Le soir, la tristesse s’empare souvent de lui quand il fait le bilan de ses occupations et qu’il n’a presque rien à enregistrer que désappointements et fatigue. Même dans son sommeil, il est souvent hanté par la perspective des luttes du lendemain. Est-ce là, je me demande, la vie idéale d’un apôtre ? Quand Paul cousait ses tentes, était-il parfois obsédé des soucis qui tourmentent le commun des mortels ? »
Dimanche ieT janvier 1888. — Que c’est difficile de prêcher à des gens qui tournent tout en ridicule : vos gestes, le son de votre voix, le mouvement de votre bouche et de vos yeux, qui commentent vos paroles à haute voix et vous rient au nez. Il faudrait, pour leur prêcher, un apôtre, un homme plein de la puissance de l’Esprit et de la foi. Je me suis senti si découragé que j’aurais voulu m’enfuir et pleurer. Nous allons avoir la semaine de prières. Que Dieu nous baptise de son Esprit !
16 janvier 1888 . — Le diable ne sommeille pas, il fait toujours le guet. Tous les matins, à notre réveil, il est à notre porte et nous provoque : ce sont les petites filles qui ne font pas leur travail, les garçons qui ne vont pas à la fontaine, l’un qui dort plus longtemps qu’il ne faut. Il faut toujours commencer la journée par demander à Dieu la grâce de la patience. Le dimanche est un jour de bataille, le diable le sait, il se prépare toujours lui aussi. Il commence généralement le samedi.
« Malgré toutes les causes de tristesse et de découragement1, je crois, moi, à l’œuvre que nous faisons ici et je suis plein d’espoir. N’est-ce pas un miracle de la bonté de Dieu