PRÉDICATION ÉCOLE
que nos santés se soient si bien conservées ? Notre école et la prédication se font encore en plein air, un terrible désavantage ; cependant nous commençons à remarquer les mêmes visages le dimanche, et cela nous fait plaisir. L’école n’est pas encore comprise, mais elle le sera plus tard.
« M. Goy, qui est venu s’occuper d’agriculture, est très actif; il a déjà canalisé un bout de la rivière et nous promet pour l’avenir des champs magnifiques. Il rêve de charrues, de faucheuses et que sais-je ?
« Quant à moi, mon imagination n’a plus d’ailes; mes pensées sont devenues vieilles. Je sens que j’ai fourni ma carrière et qu’il ne me reste qu’un tout petit bout de chemin à parcourir. Gela me remplit de tristesse et m’humilie. Quand je pense à ce que ma carrière eût pu être et à ce qu’elle a été! Pauvre serviteur inutile, combien je sens le besoin de la grâce de Dieu ! d
Un jour, en janvier 1888, Coillard apprend que Léwanika projette une expédition de pillage, une razzia chez les Machoukouloumboués. Il se rend à Léalouyi pour s’y opposer; après une longue résistance, il est vaincu par l’entourage du roi, qui veut cette guerre.
« Mes conseils n’ont pas prévalu, écrit-il x, le parti qui veut l’expédition était trop puissant, Léwanika n’a pas pu résister. Il calme sa conscience en me promettant qu’au retour, toute la nation se donnera à l’Évangile : 011 se convertira en masse comme au temps de Clovis. Je vous demande de joindre vos intercessions aux nôtres pour demander à Dieu la conversion de Léwanika. Vous Poserez avec nous. De ces pierres, Dieu peut faire naître des enfants à Abraham.
1. A Georges Appia, Séfoula, 20 décembre 1887 et 7 février 1888.
F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE
Nos pensées et nos prières sont pleines de Léwanika et je crois que c’est Dieu qui nous le met au cœur.
cc Le sang versé, les atrocités de tous genres, les pauvres petits enfants emmenés en perpétuel esclavage, c’est pour nous un cauchemar qui me fait frémir. »
Au commencement d’avril, la nouvelle arrive de la mort du docteur Dardier ; les santés sont ébranlées à Séchéké comme à Séfoula et il semble à Coillard que l’œuvre n’avance pas ; il voudrait des conversions, celle de Ngouana-Ngombé, celle de Léwanika. Aaron, l’évangéliste, veut retourner au Lessouto, d’où pénibles discussions.
2Ô avril. — Depuis quinze jours, Cbristina est tombée, comme l’an passé, dans un état de langueur et d’affaiblissement qui m’inquiète. Du reste, ce sentiment de fatigue qui ne nous quitte jamais et le besoin impérieux de se coucher et de dormir est quelque chose de tout à fait étrange. Nous ne nous reconnaissons pas nous-mêmes.
Dieu nous bénit dans Ngouana-Ngombé. Brave garçon ! comment ne pas l’aimer ?
Dimanche 3 juin 1888. ■ — ce La lamentation loge-t-elle le soir chez nous, le chant de triomphe y est le matin. » (Ps. xxx.) Voilà ce qu’en ouvrant la Bible, au hasard comme on dit, je lisais ce matin à notre culte de famille et voilà ce que nous répétons depuis notre réveil. O que Dieu est bon et qu’il est fidèle ! Comment se fait-il que nous ayons si peu de foi ?
Hier, c’était un beau jour. Je venais d’achever les ballots que j’envoie à Séchéké et nous nous promettions, Christina et moi, une douce après-midi à deux. En mangeant à midi, je sentis tout à coup quelque chose me percer la gorge, c’était une esquille. L’émotion, plus que la douleur me fit
iWANIKA PARTANT POUR L’EXPÉDITION GITEZ LES MACHOUKOULOUMBOUES