Lettre à M. E. Lacheret, Séfoula, 24 août
1 02 F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE
de la vérité ; il a confiance en nous. Ses bonnes dispositions et celles des chefs nous rendent la vie supportable, j’allais presque dire facile. Sa conversion est pour nous un sujet de prières constantes. Jamais je ne la perds de vue dans mes longs entretiens avec lui.
« Ici nous défrichons, mais nous semons en même temps, et il suffirait d’une bonne averse pour amollir nos mottes et faire croître la semence. Je sais bien que le temps de la moisson est autre que celui des semailles. Mais la parole de Dieu ne me dit nulle part combien d’années nous devrons attendre avant de présenter les prémices de nos récoltes au Seigneur. »
Les visites à Léalouyi sont fréquentes.
« C’est toujours avec plaisir que je visite Léalouyi1. Le roi s’est mis à apprendre à lire et tous ceux qui le peuvent suivent cet exemple. Les hommes sont partout des moutons. Si Léwanika venait à se convertir, je me demande quel en serait l’effet sur la nation. »
Les entretiens du roi et du missionnaire portent sur le péché, la repentance et la conversion. Une fois, par exemple (17 décembre 1888), la conversation se prolongea jusqu’à une heure du matin :
Il y avait un gros nuage sur le front du roi, et il laissait de temps en temps échapper des expressions qui trahissaient l’agitation de ses pensées.
Enfin il avoua qu’il devait aller faire un pèlerinage à un tombeau.