‹ François CoillardChapitre 94 sur 282 · OPPOSITION PAÏENNE · texte numérisé non relu

OPPOSITION PAÏENNE

naires, le meurtre de M. Brooke de la Société de Londres, du côté du Tanganyika, et le massacre des Allemands près de Zanzibar, sont de nature à nous rendre sérieux. Que Dieu nous garde !

Coillard se décide en effet à descendre à Séchéké pour s’occuper de, ses bagages et pour conférer avec ses collègues.

« La terrible chose c’est de laisser ma pauvre femme si longtemps seule à la brèche, surtout que dernièrement nous avons eu beaucoup à souffrir. Le parti païen conservateur a relevé la tête et peu s’en est fallu qu’on nous ait chassés du pays. Outre les travaux matériels, qui réclament un bon nombre de mains, nous avons une quantité de garçons et de petites filles à notre charge. Pour nos forces et notre santé, comme pour nos ressources personnelles, c’est un lourd fardeau et nous nous en sentons parfois écrasés. Nous nous demandons souvent de quel côté et quand nous viendra le secours. Dieu le sait.

« L’année qui vient de s’écouler a été une des plus pénibles dont je me souvienne. Nous avons grandement souffert. Ce n’est pas précisément le genre d’épreuves que nous attendions. Dieu permet que notre éducation se fasse ainsi. »

Coillard se sait mal jugé en Europe, et cela ajoute encore à sa tristesse.

« Pour vous dire vrai 1 2, la popularité dont les échos me revenaient en Afrique me faisait trembler, je m’attendais à ce que Satan vint me souffleter et il l’a fait. Dieu veuille que

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