Même lettre
20 1\ F. COILLARD MISSIONNAIRE AU ZAMBEZE
je sois le seul à en souffrir et que l’œuvre n’en reçoive aucun dommage! Que Dieu me cuirasse contre l’encens et contre la calomnie et qu’il fasse abonder en moi sa grâce et sa charité. »
Coillard, accompagné de Litia, part le mercredi io juillet. Il passe par Nalolo où il rend visite à Mokouaé dont, malgré tous ses efforts, il n’arrive pas à gagner la confiance.
Le voyage, par la voie du fleuve, est, comme à l’ordinaire, fertile en incidents.
SèomoL , j 8 juillet 188g. — Hier c’était mon jour de naissance. J’étais heureux, j’avais le cœur plein, débordant. Je pensais à la bonté de Dieu qui m’a gardé durant ces cinquante-cinq années. Dans cinq ans j’aurai soixante ans, si je vis. A soixante ans un missionnaire a fait son temps et c’est un outil usé, au dire de M. Jousse. Je ne partage pas ces vues-là.
« Je crois à la vieille jeunesse x, moi. Je ne demande pas à Dieu une longue vie; mes temps sont en sa main. Mais je lui demande le privilège de mourir à mon poste, sous le harnais, et de voir la mission du Zambèze consolidée et prospère. »
Coillard arrivait à Sécliéké le 25 juillet, où il trouvait MraeJeai> mairet et M. et Mme Louis Jalla; puis il se rendait à Kazoungoula où était M. Jeanmairet; ce fut une grande joie que ce revoir; il fallut s’occuper de beaucoup de choses matérielles, entre autres de l’expédition dans le Haut, des provisions et des bagages. La seconde Conférence des missionnaires du Zambèze, tenue à Séchéké, décida de fonder à Kazoungoula une station qui serait confiée à M. Louis Jalla.
i. Lettre au Comité, Séoma, 1 8 juillet 1889.