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RES D 0 D ar Be Fe A AS OR AE 8 AU AN MAS 7 > Tama ep des due dense
ésolu- ‘que tu vas nous arriver bientôt. Alors, en tune ‘avant joie et noces, et vivent nos enfants : elle ‘futurs !
même ‘ Vois-tu qu’enfin l’horizon de ton avenir e son ‘* s'éclaircit? sans compter que le gouverneur r à se ‘me parle de toi chaque jour avec les plus tenter ‘ grands éloges. Avec sa protection et tes tamesse ‘ lents, tu iras loin.
rtaine- | ‘Il n’y a rien d’étrange ici. Ah! j'allais pêcher ‘ oublier de te faire part de ce que j’ai vu en i bien ‘ passant hier sur la grande place de l’église. hardi- ‘ Voyant un rassemblement de bourgeois, je à ces ‘ m'en approchai. J’aperçus alors notre anleu est ‘“ cienne connaissance Jean Boisdon. Attapêcher ‘ché au pilori, il dévorait en silence les tres et ‘ huées de la foule qui l’entourait en le coumour, ‘ vrant d’injures et de boue, et j’entendis la e plus ‘ voix d’un héraut qui criait à tue-tête :
‘ Sachez, vous tous, nobles, bourgeois et je te + vilains, que, par ordre de Sa Majesté le roi, mois ‘ Jean Boiïisdon, accusé et trouvé coupable
e con- ‘“ d'intelligence avec les Anglais durant le L seras ‘“ siège de cette ville de Québec par l’amiral e bien “ Phipps, est condamné à huit jours de pilori
“et à trois mille livres d'amende, payables ‘ aux dames religieuses de l’Hôtel-Dieu.
‘* Boisdon l’avare condamné à l’amende!
‘Tu conçois si cela me fit rire, et d’autant ‘* plus que j'avais intercédé auprès de M. de ‘ Frontenac pour que l’hôtelier eût la vie ‘ sauve. Car enfin il a, bien qu’involontairement, sauvé la tienne et celle de ma sœur.
‘ L'un des plus acharnés contre le misé- ‘rable aubergiste était Olivier Saucier, le ‘cuisinier du château. Il paraît, en effet, que Saucier n’a jamais pu pardonner à f#sdon certain coup de mousquet que “il 4elier lui a tiré durant et dans le siège. Saucier, qui m'a paru parfaitement guéri ‘ ue -a blessure, soupçonne encore le caba.
retier de ut avoir lâché ce coup de nousqueà dessein, au sujet de quelques écus que le cuisinier négligeait de payer à l’aubergiste.
‘* Mais que t'importe les faits et gestes de ‘‘ ces messieurs, après la nouvelle que j'étais ‘si heureux de t’annoncer au commence- ‘* ment de ma lettre? Aussi je termine en te ‘ disant que je t’attendrai d’ici à quinze ‘jours. Au revoir, cher frère ; car tu me per- ‘ mets, sans doute, de te donner d’avance .
‘ce nom que le sacrement ratifiera bientôt.”
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utant M. de a vie tairesœur.
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tôt.”
— Crisasy ! Crisasy ! dit Bienville au chevalier son ami, qui passait devant une maison à l’ombre de laquelle notre héros venait de lire la lettre.
— Qu’'y a-t-il à votre service, mon cher Bienville ?
— Attendez donc un instant.
Et François, tout joyeux, rejoignit en deux sauts le chevalier, sous le bras duquel il passa le sien.
— Chevalier, dit-il en tenant la lettre ouverte sous les yeux de Crisasy, lisez avec moi, Car je veux m’assurer que ma vue ne m’a pas trompé.
— Mhe d’Orsy sort du couvent! vous allez vous marier! Vive Dieu! mon cher, mais laissez-moi serrer cette loyale main pour vous féliciter du bonheur imprévu qui vous arrive. Car n'est-ce pas que vous allez suivre les conseils de votre ami ?
— Dame!
— Mais parbleu! mon bon, vous n'irez pas, j'imagine, tourner le dos au bonheur alors qu’il vous tend les bras! Ta! ta! mariez-vous, Bienville, pour redevenir, vous maintenant si triste, notre joyeux compa-
PA
gnon d’armes d'autrefois, et pour voir ‘‘ les enfants de vos enfants,” comme il est dit dans cette messe que les jeunes époux, ce me semble, doivent trouver bien longue.
— Franchement, chevalier, me conseillezvous de ne pas écouter les scrupules de Mlle d’Orsy et de hâter notre mariage ?
— Ah! la bonne farce! Voyez un peu, Bienville, comme le bonheur vous rend déjà cet entrain des jours passés. Mais, badinage à part, considérez donc comment l’évêque les traite lui-même, ces scrupules de jeune fille. Et vous voudriez être plus sévère que lui ?
— Je crois que vous avez raison. Eh bien!
oui, vive la joie! je me marie! Et vous, chevalier, vous serez mon gentilhomme d’honneur, si ce n’est pas trop vous demander.
— Morbleu! mais c’est moi qui suis honoré d’être le témoin officiel de votre bonheur!
— Messieurs, dit en ce moment un volontaire qui salua les deux gentilshommes, notre commandant, M. le chevalier de Vaudreuil, vous fait mander au presbytère, où il tient son quartier général.
—C'est bien, Pierre, nous y allons, répondit Bienville à Pierre Martel.
Doctrine era.
C'était en effet Bras-de-Fer qui avait suivi son jeune maître pour venger sur les Iroquois la mort de M. de Sainte-Hélène. Vu la rumeur qui avait couru touchant la blessure dont Sainte-Hélène était mort, Pierre pensäit bien que si la balle était empoisonnée, c'est que Dent-de-Loup l'avait fournie à Harthing, qui avait dû s’en servir ; et comme Bienville avait tué ce dernier et que Bras-de- Fer croyait avoir occis le chef agnier, le Canadien voulait venger sur la nation entière des Iroquois la mort de son maître. Il avait donc laissé de nouveau la charrue pour faire une terrible hécatôml# d’Troquois et apaiser ainsi les mânes de Sainte-Hélène. A force de vivre dans les bois, Pierre avait pris quelques-unes des idées de leurs habitants.
La nuit s'était faite sur le hameau de Lachenaïe, quand la troupe des volontaires canadiens, laissant la grande place de l’église, défila devant le cimetière, silencieuse comme une fantastique procession de morts. Ordre avait été donné par M. de Vaudreuil que chacun eût à garder le plus strict silence durant toute la marche.
Allègre et joyeux, Bienville contenait à
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grand’peine, en cheminant, les transports de sa joie. Mais si la consigne le forçait de garder le silence, il n’en donnait pas moins cours à un muet monologue, où sa pensée se jouait comme un papillon sur des fleurs.
—Que le bonheur est suave après tant de souffrances ! pensait-il. Et toi, mon cœur, qui étais désaccoutumé d’aimer, comme je te sens de nouveau battre d’aise au seul nom chéri de Marie-Louise ! Ah ! je le vois bien, ce‘trésor de tendresse, cet infatigable besoin d’aimer, Dieu ne me les avait pas donnés pour rien. Il a seulement voulu les épurer au creuset de l’épreuvê pour me rendre plus digne de leur réalisation. O Marie-Louise | combien nous allons nous aimer après une séparation si cruelle ! Qu'il fait bon de vivre quand on a vingt ans et qu’on peut espérer en aimant !
Les Canadiens parcoururent en moins d’une heure et demie les deux lieues qui séparent Lachenaie de Repentigny, et firent halte à quelques arpents de ce dernier village.
Ici le chevalier de Vaudreuil dit à Bras-de- Fer :
—Vous allez suivre un des hommes de M.
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FRANÇOIS DE BIENVILLE 425 de La Mine, qui connaît la position de cette maison où les Iroquois se sont retranchés.
Quand vous l’aurez reconnue et que vous aurez constaté la présence de l’ennemi, vous viendrez nous rejoindre pour nous guider; car les connaissances que vous avez acquises comme coureur des bois m’inspirent plus de confiance que ne m’en donne cet homme-là.
— Bien! mon commandant, fit Pierre Martel en se redressant sous le coup de cet éloge. Est-ce tout ?
—Oui.
On vit aussitôt Bras-de-Fer disparaître dans la nuit en marchant courbé sur le sol ; manœuvre que l’autre Canadien s’empressa d’imiter.
Vingt minutes plus tard on les vit reparaître.
—Eh bien? demanda M. de Vaudreuil à Pierre.
—Nous avons vu la cage, mon commandant, et si la porte en est ouverte, les oiseaux ne s’en sont pas plus envolés pour cela.
—Que veux-tu dire ?
— Une douzaine d’Iroquois, au moins, sont couchés’ devant la maison et dorment
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aussi tranquillement que le roi dans son lit. Je n’ai pu m’approcher assez d’eux, et la nuit est trop profonde encore pour que j’en puisse dire le juste nombre.
—Îls ne se doutent donc point de notre présence ?
—Pas le moins du monde. La chaleur, je suppose, est étouffante dans la maison, et ces messieurs se sont couchés sur l’herbe et au frais, où, sauf votre respect, ils ronflent * comme des bœufs.
—Ï1 va nous être facile alors de les cerner ?
—Oui, mon commandant. Cependant, si vous permettiez à un vieux chasseur...
—Parle sans crainte.
—Eh bien! je suis d’avis avec vous que nous les entourions tout de suite; maïs, quant à les attaquer, je crois qu’il vaut mieux atten-
* Pour peu que l’on feuillette nos chroniques, on y verra combien grande était souvent l’imprévoyance des sauvages, qui, même dans leurs expéditions de guerre, à Repentigny par exemple, négligeaient de placer durant la nuit des sentinelles pour veiller à la sûreté commune. Plus d’une fois des villages entiers durent leur destruction à cette inexplicable imprudence,
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