p. de Saint-Aaban, Mémoires^ loc, cit.^ p
» Primay-le-Giron pour aller quérir M. le prince de Conty, » auquel la cornette blanche et le commandement général » de Tarmée furent, dès son arrivée, remis. » Mais, ajoutet-on, « le pauvre prince n'en jouit guère, car, dès son arri- » vée, ces canailles de Suisses se desbandèrent ; joinct » qu'aussitost après arriva la défaite du baron d'Othna (de » Dohna), qui fut cause que ceste armée reprint quasi le » chemin d'où elle estoit venue. »
En effet, d'une part, les Suisses qui, travaillés de longue main par les intrigues du duc de Guise et des agents de la cour, avaient, le 13 novembre, donné plein pouvoir à leurs principaux officiers d'arrêter les bases d'une capitulation, capitulèrent, en réalité, peu de jours après; et, d'une autre part, le 24 du même mois, au combat d'Auneau, le baron do Dohna subit une grave défaite, qui devait entraîner la ruine de l'armée. Ce fut alors qu'au milieu de l'effroi général causé par cette défaite, dont les conséquences immédiates furent désastreuses, on vit Ghastillon lutter avec une inébranlable fermeté contre le désordre de la déroute, et, faisant face à une masse confuse de fuyards éperdus, l'arrêter, non loin de Gien, à La Bussière, dans sa course précipitée, la préserver d'une dissémination funeste, la rassurer, et, quand à la terreur eut succédé une sorte d'apaisement, la diriger vers Bony, assigné comme point d*arrêt momentané à l'armée, dont il recueillait et protégeait les débris.
Un nouveau danger le menaçait à La Bussière : un guetapens était organisé, dans le château de ce nom, pour s'emparer de sa personne et l'offrir au roi de France, à titre de trophée ; mais il déjoua par sa perspicacité et son^feang-froid les indignes manœuvres à Taide desquelles on espérait Tattirer dans l'enceinte du château et l'y saisir *.