P. de Saint- AubaD, Mémoires, loc, cit., p
298 FRANÇOIS DE CHASTILLOxN.
Quelque déplorable que fût Kétat du lambeau d'armée qui avait échappé à la sanglante défaite d'Auneau, et quel que fût Tabandon dans lequel le laissait la défaillance géné^ raie, Chastillon, durant le trajet de La Bussière à Bony, n'en était pas moins décid^ à tenir tête à l'ennemi. Il le prouva en commandant, dans un engagement qu'il eut avec lui, une charge dont l'issue, grâce à ses ordres, fut heureuse, mais qu'il ne put pas exécuter lui-même à la tête de ses troupes, parce qu'il plut au duc de Bouillon, en un moment d'aberration et de pusillanimité, « de le lui envoyer » défendre expressément, avec des aigres protestations » contre luy, s'il en arrivoit mal à l'armée. » Le fait de cette absurde prohibition, attesté par P. de Saint- Auban \ est positivement confirmé par d'Aubigné, en ces termes * : L'armée qui se retiroit marcha tousjours, à vue de la poursuivante, de laquelle les plus assurés vindrent aux discours avec ceux de la retraite. Chastillon, pour rompre ces honnestetez, fit faire une charge par Montlouet, après le passage d'un ruisseau. Il en demeura quinze ou seize sur la place : c'étoient les coureurs des ducs de Nemours et de Mercœur, dans le gros desquels Chastillon alluit mesler, sans un mauvais avis que le duc de Bouillon luy envoya. »
Dans ces jours de troubles et d'égarement, il se rencontra quelqu'un qui fit plus encore que le duc de Bouillon dans la voie d'une aveugle résistance aux résolutions grnéreuses de Chastillon. Voyant, à une heure décisive, ce vaillant homme de guerre insister, avec un redoublement d'énergie, sur l'absolue nécessité non seulement de ne pas plier devant l'ennemi, mais en outre de soutenir contre lui la lutte jusqu'à la dernière extrémité, Beauvoir-Lanocle,