‹ François de Chastillon, comte de ColignyChapitre 107 sur 141 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Rapport adressé par Chastillon au roi de Navarre sur les opérations de l'armée étrangère. — Chastillon s'empare de Bellegarde. — Lettres de Chastillon aux Bernois et au duc J. -Casimir. — Le roi de Navarre et son conseil adoptent les appréciations de Chastillon sur la campagne de 1587. — Lettre du roi de Navarre aux Bâlois. ~ Mort du prince de Condé. — Brillants faits d'armes de Chastillon en avril et en mai 1588. — Assemblée de La Rochelle. — Assassinat du duc do Guise & Blois. — Chastillon quitte Montpellier pour rejoindre le rot de Navarre dans l'ouest de la France. — Il marche avec lui au secours de La Garnache. — ^ Le roi de Navarre, gravement malade, charge Chastillon de le remplacer dans le commandement de l'expédition. — Il le nomme colonel général de son infanterie. — Le roi de France et le roi de Navarre se réconcilient. — Loyale et généreuse attitude de Chastillon vis-à-vis de Henri III. — A Tours, Chastillon concourt puissamment h repousser l'attaque de Mayenne et k délivrer le roi de France du danger qu'il courait. — Reconnaissance de celui-ci envers Chastillon. — Défaite de Saveuse par Chastillon. — Henri III accorde à Chastillon une compagnie d'hommes d'armes de ses ordonnances. — Lettre de Chastillon h sa femme. — Lettre de Henri III à Chastillon.

Il est, pour le cœur humain, des émotions sacrées qui ne se peuvent décrire, mais que, du moins, un cœur appuyé sur sa propre expérience peut toujours pressentir chez un autre, par les seules intuitions de la sympathie. Aussi, quiconque s'inspire réellement des vivifiantes affections de famille, comprendra aisément quelles furent, pour Chastillon, les joies du revoir, lorsqu'arrivé à Montpellier, vers la fin de décembre 1587, il put serrer dans ses bras sa femme, ses enfants, et s'agenouiller avec elle et eux, pour rendre grâces à Dieu de la miséricordieuse protection et de la délivrance signalée dont il avait été l'objet.

Dès les premiers moments de son retour, il s'acquitta d'un grave devoir, en rédigeant sur les opérations de l'armée à la dissolution de laquelle il venait d'assister un long

et consciencieux rapport, qu'il signa le 31 décembre \ et qu'il envoya aussitôt au roi de Navarre.

Peu de jours après, il quitta Montpellier, pour entamer une opération militaire, promptement couronnée de succès: car ce fut dans le cours même du mois de janvier 1588, qu'il se rendit maître de Bellegarde par composition.

A cette époque, de La Roche-Ghandieu « l'un des minis- » très de la parole de Dieu en la maison du roy de Na- » varre », fut envoyé en Suisse pour y affermir les relations de ce prince avec les cantons de Berne et de Bâle. Les lettres qu'il était chargé de remettre se résumaient en ces lignes, que chacune d'elles * contenait : « Il est néces- »> saire que nous soyons unis mieulx que jamais pour résis- » ter aux pernicieux desseins des ennemis de nostre relicrion » et de la couronne de France. »

Ghastillon, qui savait de quelle mission de La Roche-Ghandieu était chargé, ne se contenta pas d'inviter le digne ministre, avec lequel, pour sa propre part, il soutenait les meilleures relations, à rejnercier les Bernois de l'assistance qu'ils avaient naguère accordée à ses troupes et à lui ; il fit plus en adressant, par son intermédiaire, le 17 février 1588, à l'avoyer et au conseil de Berne la lettre suivante % contenant,

1. Voir à V Appendice, n» 34, le texte de ce rapport. — M. le baron de Roble, dans 8on Introduction du troisième volume des Mémoires de La Huguerye (p. xiii. note K), dit, au sujet de ce document dont il apprécie la haute importance : » Aucun » bibliographe n'a remarqué que la pièce contenue dans les Mémoires de la Ligut » (t. II, p. 212 et suiv.) est la reproduction à peu près textuelle d'un mémoire de » Chastillon. » M. de Ruble qualiUe, à juste titi*e, cette pièce de plagiat. Nous croyons devoir ajouter que ce plagiat ne corîstitue, intrinsèquement, qu'une reproduction fréquemment trouquee et, en maints passages, intentionnellement altérée, du rapport rédigé par Chastillon, qui seul est digne de toute confiance, et que dès lors nous tenons d'autant plus à faire connaître en en reproduisant fidèlement le texte complet tel qu'il existe à Tétat de manuscrit.

2. Lettre du 29 janvier 1588 à l'avoyer et au conseil de Berne datée de Montanban. (Archives de Berne, Frankreich, vol. 3.) — Lettre du môme jour au bourgmestre et au conseil de Baie. (Archives de Bâle, L. il7> n<» 87.)

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