‹ François de Chastillon, comte de ColignyChapitre 112 sur 141 · De ïhou, llist, unio., t. VII. p · texte numérisé non relu

De ïhou, llist, unio., t. VII. p

FRANÇOIS DE ClIASTILLON. 339

les deux rois, un entretien dans lequel la loyauté et la fermeté de décisions de l'un gagnèrent la confiance de l'autre. A dater de cet entretien, Henri de Valois ne songea plus qu'à s'appuyer sur Henri de Bourbon, avec qui il venait de conclure une sérieuse alliance, que dictait l'évidence d'une entière communauté d'intérêts.

En cet état de choses s'imposait aux deux beaux-frères l'urgente nécessité d'agir. Concentrer promptement les troupes dont ils pouvaient disposer, marcher, à- leur tête, sur Paris, y écraser la Ligue et y rétablir l'autorité royale : tel fut le plan qu'ils arrêtèrent entre eux et dont ils s'occupèrent de préparer l'exécution.

Toujours diligent, le roi ^e Navarre, laissant Henri III à Tours, se porta aussitôt au-devant de son infanterie qu'il avait rappelée du Poitou, et ne tarda pas à détacher de sa suite le fidèle Chastillon, en le chargeant de remplir auprès du roi de France, dans son isolement momentané, une mission de vigilance, qui allait, sous la pression des événements, se transformer instantanément en une mission de salut.

Ici, les faits parlent d'eux-mêmes : laissons un contemporain bien informé nous les retracer dans un récit d'une animation saisissante.

« Le duc de Mayenne, dit-il ', estoit fort sollicité par les » principaux de son armée d'attaquer Boisgenci, où Antra- » gués, chassé d'Orléans et réconcilié au roi, commandoit; » mais il aima mieux tenter le fruit de diverses intelligences » qu'il avûit dans Tours, tant avec les habitans qu'avec les » courtisans ; par ces derniers adverti d'un grand eston- ') nement où estoient le roi et presque tous ceux qui l'accom- » pagnoient; sçachant aussi, par mesme moyen, qu

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