Bibl. nat., mss. f. fr., vol 3,397, f
FRANÇOIS DE CHASTILLON. ât
direction supérieure avait largement concouru à leurs progrès, dont il jouissait avec actions de grâces envers Dieu ; il espérait voir se prolonger pendant quelque temps encore, pour lui, le calme de la retraite, et, pour ceux qu'il aimait, les douces joies d'un intérieur dont il était Tâme, lorsqu'une alarmante nouvelle parvint inopinément au château de Châtillon : on apprit que la reine de Navarre, accablée de fatigues, après un séjour de trois semaines dans la capitale, y avait été prise, le 4 juin, d'une violente fièvre qui mettait ses jours en danger.
L'amiral accourut aussitôt à Paris, vit la reine et eut avec elle de touchants et pieux entretiens. Plus confiante que jamais dans une amitié et un dévouement dont il lui avait donné de constantes preuves, elle lui recommanda ses enfants et reçut de lui l'assurance qu'il veillerait sur eux en ami, sous le regard de Dieu. Le cœur de Jeanne d'Albret, dont les épanchements étaient accueillis par l'amiral avec une sainte émotion, s'absorbait, à l'heure suprême, dans la foi aux promesses divines et dans, les sollicitudes de l'amour maternel. Le 9 juin 1572, mourut à l'âge de quarante-quatre ans, « cette reine n'ayant de femme que )) le sexe, l'âme entière aux choses viriles, l'esprit puis- » sant aux grandes affaires, le cœur invincible aux adver- » sites*. ))
L'amiral revint faire un court séjour à Châtillon* Tout ce qu'il dit de ses entretiens avec Jeanne d'Albret dans les derniers moments, et des soins paternels dont il voulait entourer Catherine de Bourbon ' et le prince son