‹ François de Chastillon, comte de ColignyChapitre 13 sur 141 · D'Aubigné, Hist. univ., t. Il, liv. I, chap. xï · texte numérisé non relu

D'Aubigné, Hist. univ., t. Il, liv. I, chap. xï

2. A Catherine de Bourbon furent adressées, quelques jours après la mort de sa mère, ces paroles que la jeune princesse méritait d'entendre : « Comme vous >» succédez, en une bonne partie, à la dextérité et magnanimité de son esprit, qui » desjà reluit en vous, en ce bas âge, ainsi ferez- vous à sa constance, piété et autres » rares vertus, moïennant la grâce de ce grand Dieu, lequel je supplie vous main-

frère*, émut au plus haut degré Jacqueline d'Entremonts, Louise, François et les jeunes enfants qui se groupaient autour du chef de la famille. L'affection de Louise et de François pour les deux orphelins s'en augmenta.

Coligny fut promptement de retour à Paris. Son séjour à la cour devint pour lui, cette fois, extrêmement fatigant ; il tomba malade. Sa femme et ses enfants s'affligèrent de voir son rétablissement retardé par les préoccupations qui Vabsorbaient. Leurs impressions à cet égard ressortent de ces lignes adressées par madame l'amirale à sa vénérable amie^ la duchesse de Ferrare, alors que tout sujet d'inquiétude, quanta la santé de Coligny, venait de disparaître* ; « Grâces » à Nostre-Seigneur, monsieur l'amiral est guéri, et pense » qu'il eust esté plus tost, sans une infinité de rompements » de teste que, tous les jours, il a pour les afaires de la reli- » gion et du roïaume. >>

Quelque graves que fussent les conjonctures, Charles IX ne sacrifiait que trop souvent lés affaires publiques au besoin qu'il éprouvait de se distraire. Catherine de Médicis

» tenir en sa sainte protection pour servira sa gloire. » [Dédicace du àrief discours sur la mort de la royne de Navarre^ par A. I. J. 1 vol. in-li, I57Î. — Bulletin de la Soc, de r/iist, du proL fr,, ann. 1882, p. i3 et SUiv.)

1. Saint-Simon a caractérisé en termes élevés le patronage qu'exerça Coligny sur le jeune ûls de Jeanne d*Albret : « Henri, dit-il, eut pour maistre te plus sage » et le plus honneste homme de son temps^ le plus grand capitaine, le plus adroit » à tirer parti des événemens les plus fâcheux et à relever son parti de ses chutes » et de ses plus grandes pertes, le plus habile à le tenir uni et à parer à tout ce qui » pouvait le diviser; enfln le plus désintéressé, le plus prudent, le plus aimé et le >' plus estimé d*un parti dont il fut toujours l'âme et le soutien le plus autorisé >• chez les étrangers, dont il savait s'appuyer pour des secours et des négociatioas, » le plus considéré du parti contraire, le plus généralement respecté et admiré »> pour ses vertus. Tel fut l'amiral de Coligny, si peu heureux et si digne de Tétre, » et d'un meilleur parti ; qui fut le conducteur des premières années d^enri et dans » les armes et dans la politique... Heureux ^ce prince) d'avoir été sous la discipline » du plus avisé capitaine, du plus sage et du plus honneste homme de son temps ; » mais qu'il eut le malheur de perdre, presque en même temps que la reine sa » mère, c'est-à-dire à la Saint-Barthélémy, oit ce grand, homme fut si indignement » massacré pour l'ouverture de cette abominable tragédie; et Henri IV n'avait pas » dix-neuf ans. » {Écrits inédits de Saint-Simon, t. i.)

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