D'Aubigné, HUt. univ., t. Ul, liv. UI, ch. m
FRANÇOIS DE aHASTILLON. 355
Ces faubourgs, qui tous furent pris, ne devaient pas, d'ailleurs, rester longtemps en la possession du roi. Leur occupation n'était que le résultat d'un simple coup de main par lequel Henri se contentait de préluder au siège qu'il se proposait d'entreprendre, alors seulement qu'il aurait à sa disposition un ensemble imposant de forces dont il était encore dépourvu. Toutefois il ne voulut pas quitter sa position devant Paris sans y offrir le combat à Mayenne, qui le refusa.
Henri se replia sur Tours, où avait été transféré le siège du Parlement, et ne quitta cette ville que pour entamer et diriger, dans l'hiver de 1589 à 1590, une campagne qui devait lui servir à étendre ses conquêtes en Normandie.
A une date voisine de celle du début de cette campagne, le roi accorda à Ghastillon une marque de sa haute faveur, en l'appelant à lui succéder « dans Testât et office d'admiral » des mers de Guienne. »
Les lettres de provision octroyées, le 17 décembre 1589, au nouveau titulaire étaient conçues dans des termes si honorables pour lui, qu'ils méritent d'être rappelés; les
voici * :
<( Henry, etc. comme, au moyen de nostre advènement » à ceste couronne, Testât d'admiral de Guyenne, duquel 0 nous estions pourveu, soit demeuré vaquant, et soit besoin, » pour le bien de nostre service, establir en iceluy quelque » digne personnage qui soit accompagné de vertu et qua- )) litez requises pour bien s'en acquitter, scavoir faisons : » que nous, considérans celles qui reluisent en la personne » de nostre cher et bien aimé cousin le sieur de Ghastillon,
1. Ap. du Bonchel, loc, cit., p. Ô69, 670. — Voir à V Appendice, n» 36, le texte d'une dispense de prestation de serment, pour la charge d'amiral de Guyenne, accordée à Ghastillon le 3i juillet 1590.
» comte de Goiligny, par les grandes preuves qu'il en a » rendues dès ses jeunes ans et depuis continuées en plu- » sieurs charges et occasions d'importance, où il auroit esté » employé pour nostredit service, es quelles il auroit fait » paroistre la vaillance et générosité qui est en lui, accom- » pagnée d'une singulière prudence, pour bien et dignement » se conduire en l'administration d'une bonne et grande » charge, imitant vertueusement les vestiges de ses anees- » très qui, par leurs mérites, se seroient acquis envers les » rois nos prédécesseurs des premiers estats et dignitez de » ce royaume ; ayans aussy esgard aux bons et très-recom- » mandables services que nous avons receus et recevons, » chascun jour, de nostredit cousin, au fait de nos guerres, » et voulans iceux aucunement recognoistre, pour luy don- » ner d'autant plus d'occasions et moyens de les continuer, » comme nous estimons qu'il fera de bien en mieux ; pour » ces causes, et autres, et bonnes et grandes considérations » à ce nous mouvans, à iceluy nostre cousin avons donné et » octroyé, donnons et octroyons, par ces présentes, le susdit » estât et office d'admiral de nos mers de Guyenne, que » nous soûlions cy-devant tenir, et à présent vaquant, ainsy » que dit est, pour l'avoir, tenir et doresnavant exercer, etc. » Donné au camp, à LaVal, le 17* jour de décembre 1589.
» fÎENRY. »
A la faveur ainsi accordée s'ajouta immédiatement une autre faveur : le roi concéda à Chastillon, par décision du 18 décembre 1589, une somme de quatorze mille écus et la jouissance de certains immeubles, <( pour aucunement le » soulager des pertes par lui souffertes en ses biens et terres » sis au pays et duché de Bretagne *. » Cette décision royale