‹ François de Chastillon, comte de ColignyChapitre 123 sur 141 · Hist. Univ., t. VU, p. 6i · texte numérisé non relu

Hist. Univ., t. VU, p. 6i

» à son frère les reproches les plus amers de ce qu'il aban- » donnoit la défense de son prince pour embrasser le parti » des ennemis mortels de leur maison et celui de ces Pariy> siens qu'on avait vus traîner ignominieusement par les » rues le corps cj© leur père, après avoir souffert qu'on Tas- » sassinât par la plus insigne de toutes les trahisons. Les » reproches furent inutiles : d'Andelot se laissa aveugler » par l'espérance des honneurs qu'il crut trouver parmi les » factieux. Il signa V Union et se mit au service du duc de » Nemours*. » Il s'y maintint si bien qu'à un an de là il alla, au nom de ce duc, entamer une négociation avec les ministres du roi d'Espagne '.

Descendre ainsi du haut rang de fils de Coligny au rôle abject de suppôt des ligueurs et de l'Espagne, quelle effroyable dégradation ! quel crime !

Hélas ! que ne souffrirent pas alors Chastillon et sa digne sœur, ces deux fidèles soutiens de Thonneur du nom paternel I

Si l'expression de la douleur poignante qui, dans cette lamentable circonstance, étreignit le grand cœur de François n'est pas parvenue jusqu'à nous, du moins sommesnous certains d'en retrouver l'écho dans quelques paroles de Louise, navrée comme lui de la coupable et honteuse défection de Charles. De Middelbourg, où elle vivait alors dans un pénible isolement, la noble fille de l'amiral écrivit à un ami ' : « J'ai receu lettres de M. de Lanoue qui me » mandoit la faute trop signalée qu'a faite un de mes proches, » que vous sçaviés bien et me dites quelque mot qui me

1. Plus explicite, en un poinl, que ne l'est de Thou, d'Aubigné {Uint. univ., t. III, liv. IV, ch. II) dit : « D'Andelot se fit de la Ligue au siège de Paris, ayant » été pris, comme on disoit, par son cojisenUmenty pour se donner particulièrement » au duc de Nemours. »

i. De Thou, Hist. univ., t. VIII^ p. 32.

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