CHAPITRE II
Meurtre de Téligny. — Dangers que court sa jcuoe femme et auxquels elle échappe. — Deux des fils 'de Coligny sont soustraits, par Jacqueline d'Entreroont». aui recherches des archers envoyés à ChAtillon pour les arrêter, et prennent le chcmio de la Suisse. — Actes et langage de Charles IX et de Catherine de Médicis immédiatement après la Saint-Barthélcmy. — Le maréchal de Montmorency assure, dans son château de Chantilly, une sépulture au cadavre mutile de Coligny. ^ Procès criminel intenté à Briquemault, à Cavagnes et à Coligny. — Arrivée dos fils de Coligny et de leur cousin de Laval à Genève. — Exposé de 1 état des esprits, en Suisse, & ce moment. — Attitude des cantons catholiques, des cantons protestants et des agents diplomatiques français. — Court séjour des fils et du nevea de Coligny, Ji Genève et à Berne. — Ils rejoignent M"»« d'Andclot à BAle^ où ils sont chaleureusement accueillis par les autorités de cette ville. — Arrêts rendu5 contre Uriquemault, Cavagnes et Coligny. — Exécution de ces arrêts. — Jacqueline d'Entremonls quitte la France en novembre 1572, et arrive en Savoie avec Mni« de Téligny.
Le meurtre de Téligny* suivit de près celui de son bcaupère.' Toutes les personnes surprises dans la maison qu'il habitait à Paris furent impitoyablement massacrées * ; une seule , sa jeune femme , échappa au massacre : comment ? on rignore ; car, jusqu'à présent du moins, nulle donnée historique ne met sur la trace d'une explication quelconque do ce fait, qui paraît tenir du prodige.
A dater de la néfaste journée du t\ août 1572, Louise de
1. Voir sur ce meurtre : 1° /le furorihus ;jiuflUis, édit. de 1641, p. 196; — îo llotnian, ^ir de Coligny, trad. de 1665, p. 16^; — 3° D'Aubigné, lUst. unie, t U, liv. !, Chap. IV; — 4« Mém. de Vnstat de France souhs Charles ÏX, t. 1, p. 396; — 5® //<* H^rillv-matin des Français et de leurs voisins j part. I, p. 59, 60; — 6« iiisl. des martyrs, M\{, de 1608. p. 7Ui, 706;— 7° Note socTôle expédiée de Paris en Angleterre, lors de la Saint-Hartlîélemy. {Hecord Office. — De Laferrière, Le seizième siècle et les Valois, p. 708.)
2. « Au Lyon noir, me Saliît-llimoré, logis du sieur de Tlielligny, tous ceux » dudit logis furent tuez. » (A/t*m. de restât de France soubs Charles ix\ t. 1, p. 412. — Ihst, des martyrs, p. 708.)
Coligny, orpheline et veuve, à dix-sept ans, violemment séparée des parents et des amis qui lui restaient, semblait vouée, sans défense dans son isolement, aux outrages et aux coups des meurtriers de Tamiral et de (Téligny ; car, de quelque côté qu'elle tournât ses regards, nulle perspective de délivrance par la main des hommes ne s'offrait à elle.
Non seulement elle ne pouvait plus invoquer l'appui d'un père, d'un mari ; mais, en outre, après eux, venaient de succomber son cousin le comte de La Rochefoucauld et les plus chers compagnons de Coligny, notamment de Piles, de Guerchy, de Monneins, le marquis de Renel , à la mort desquels allait s'ajouter bientôt celle de Briquemault et de Gavagnes.
Des parents qui constituaient, pour elle, l'unique débris de sa famille décimée , et dont d'ailleurs elle ignorait le sort, en ce moment, nul ne pouvait lui tendre une main secourable.
Menaces comme elle, et, en tous cas, trop jeunes pour être capables de la protéger, ses frères et son cousin de Laval n'allaient quitter Qhâtillon-sur-Loing qu'à la condition d'éviter Paris, en cherchant à gagner la frontière. Sa belle-mère devait, à Châtillon même, d'où elle ne pouvait sortir, subir la présence d'émissaires armés. Sa tante, lyjnie (j'4ndelot, réduite à l'impossibilité de communiquer avec elle, du fond de la province, cherchait à trouver en pays étranger un asile pour elle et ses enfants. Rien à attendre non plus de son cousin le prince de Gondé, sur lequel s'appesantissait , au Louvre , en même temps que sur Henri et Gatherine de Bourbon, la violence d'un tvran; ni de ses cousins de Montmorency , dont les uns étaient prisonniers à Paris, tapdis qu'un autre, le maréchal, retranché dans son château de Ghantilly, tenait de là, par la fermeté de
:J8 FRANr.OIS DE CHASTILLON.
son attitude, la cour ou respect '. Enfin, le beau-frère de Louise, le généreux et sage de Lanoue*, était renfermé dans Mons, sans communication possible avec la France.
Quant à ceux des amis de Tamiral qui avaient échappé au massacre et réussi à sortir de Paris, ils n'avaient pu, avant leur fuite, tenter de soustraire Louise de Coligny aux dangers qui Tentouraient dans la cité sanguinaire. La duchesse de Ferraro, elle-même, si étroitement attachée à l'amiral et à sa femme, si bienveillante pour ses enfants, si sympathique aux affligés, n'avait pu étendre à la fille de Coligny le moyen d'évasion qu'elle avait assuré au ministre Merlin et à sa famille \
Quelle navrante détresse que celle de cette jeune femme dépourvue, en apparence, de tout appui humain, au milieu d'un effroyable carnage! mais aussi, quelle énergie morale (pie la sienne! quelle foi, quelles ardentes prières, quelle résignation!
DJrMi lui réservait une délivrance inespérée.
T/iiidis que, sous la touto-puissante et miséricordieuse directiijn d(» c(» prolecteur suprême, se préparaient, par des voies ignoré(»s de Thistoire, les moyens destinés à opérer ' cette délivrance, quels événements, relatifs à la famille de (loligny, se produisaient, à Paris et au dehors, à des dates phiH ou moins rapprochées du ::Î4 août 1572, alors qu'on
i. « Si 11» inan^ha! d»» Montmorency n'avait été ahspnt, il lui serait arrivé comme w aux aiitrcH, pane qu'il est, connue on le sait, détesté par tous les Parisiens et .. h'H (iuispH; et les frères du niarè.hal, qui se trouvaient à Paris durant le inas- ■• sacre, étaliMit en prison et gardés. uniqu<Mnent parce (lue leur frère n'était pas " a Paris. ». (Note secrète tirée du Hecord o/y/rr. — De Laferrière, Le feizième siècle rf. les Valois, p. 3i:).)
î. Lv litUrilIc-malin dfs Français et de leurs Divins, part. I, p. 61).
3. «< Madame la duchesse de Ferrare nous ayant tous fait mettre dans un coiiie, I» nous amena a\ec soy a Montarj^is, où nous arri\asuïes le dernier jour d'aoust '. 'J.'i/ii, a>ant esté (tonduils par une escorte de gens de clie\al qu'avait baiUé ». M. de (iuise, potil-llls de madile dame. >» {lUairr ou Journal du viiui^îre Mer.'ttt. Gen(:î\e, 1h:>5, p. 09.)
perd, dans les documents contemporains, la trace de la veuve de Téligny, pour ne la ressaisir qu'après un certain laps de temps ?
Voici Tindication sommaire de ces événements : « Le lundi 25 août, au matin, le roy envoya quelques capi- » laines et soldats de sa garde à Châtillon-sur-Loing, pour » lui amener les enfants de Tamiral et de son frère d'Ande- » lot, de gré ou de force *. »
Jacqueline d'Entremonts attendait alors, au château de Chtttillon, le prochain retour de son mari. Tout entière aux douces émotions qu'avait fait naître en son cœur une lettre récente, dans laquelle il lui exprimait avec tendresse son vif désir de se retrouver auprès d'elle^, elle se sentait heureuse, à la pensée de le revoir, dès qu'il se serait acquitté, en faveur des églises réformées, du devoir sacré qui le retenait encore à Paris. François, Odet et Charles, leur jeune cousin de LavaP et le fidèle Legresle, partageaient sa joie. Tout à coup, rhorrible nouvelle du meurtre de l'amiral se répand parmi les habitants de Chalillon et pénètre au château. Comment peindre la stupeur de la population pleurant son bienfaiteur et son père? Comment surtout parler de l'immense douleur de la noble femme dont de lâches assassins, couronnés ou non, viennent de transpercer le cœur, en immolant son époux? Tenter de décrire une telle douleur, serait manquer au respect qu'elle commande. On ne peut que s'incliner devant elle, comme sur le bord d'un de ces abîmes d'angoisses morales dont il n'appartient qu'à Dieu de sonder la profondeur. Mais, en môme temps, quel privilège, que celui de pouvoir contempler, dans son ineffable puissance,
1, Le Réveiltc-matin des Français et de leurs voisins, part. I, p. 69.
î. Bullelin de la Soc, de Vhist. 'du prot, fr,, t. 1, p. 369.
3. D'Andelot avait eu de Claude de Rieux, sa première femme, Guy de Coliguy, comte de Laval, François de Rieux et Marguerite de Coligny. De sa seconde femme. Anne de Salm, il avait eu François, puis Benjamin de Goligny et Anne de Coligny.
la miséricorde divine soutenant Tépouse et la mère chrétienne, courbée sous le poids d'une épreuve déchirante, la relevant peu à peu, ravivant son ume au contact des pn>messes éternelles, et lui inspirant enfin l'énergie nécessaire pour arracher ses enfants d'adoption aux dangers qui le> menacent !
C'est ici qu'il nous est donné d'assister à une scène exceptionnellement pathétique, qu'a dépeinte, en traits saisissants, l'un de ces mêmes enfants, devenu homme. Voici, en effet, ce que, dans l'élan de la reconnaissance envers sa seconde mère, a écrit le fils aîné de la grande victime, François de Ghastillon' :
« Madame l'admirale estant advertie de ceste tant inique )> perfidie, accompagnée d'une crainte telle qu'on peut juger, » comme elle estoit vertueuse ot craignant Dieu, après sistre » fortifiée en ceste affliction extrême et s'estre résolue qu'il M se fallait conformer à sa volonté, nous fit appeler devant » elle, nous autres petits enfans, qui lors n'avions pas le » jugement pour considérer la perto que nous avions faite, ») ni la main de Dieu appesantie sur nous, toutesfois esmus » plustost d'une affection naturelle, que Dieu a donnée (à » toutes créatures), principalement en chose si nouvelle et si » inopinée, que de grande considération de Testât auquel » nous laissoit un tel père si craignant Dieu, et qui nous » aimoit uniquement comme la prunelle de son œil.
» Nous vinsmcs nous présenter à elle tout fondus en » pleurs, larmes et gémissemens, qui sont les vrais Ics- » moins de la fascherie, regret et desplaisir que les humains » ont, et lesquels nous redoublions encore davantage, la » voyant elle-mesme pleurer et lamenter, où nous fusmes
1. « Extraict d'un livre contenant plusieurs discours sur divers sujets, escrits M de la main de M. de Chastillon (François, premier du nom, eomte de Coligny.) „ Ap. Du Boucbet, Uist. de la maison de Coligny^ p. 524 k 628.
FRANÇOIS DE GHASTILLON. 41
» un espace de temps à nous faire pitié et compassion les » uns aux autres, sans que jamais elle peust avoir le cœur » de nous rien dire. Et comme le ressouvenir plus grand » nous venôit de nostre père, aussi jettions-nous plus grande » quantité de larmes et de cris; toutesfois un peu retenus, » pour ne donner quelque occasion à une si bonne mère de » se tourmenter davantage, la regardant attentivement pour » recevoir consolation d'elle et attendrjB ce qu'il lui plairoit » nous commander, cessâmes un peu; puis elle, toute pleine » de deuil, pour avoir perdu une chose qui lui estoit si » chère, commença son propos de ceste façon, première- » ment avec une voix basse et lente, souvent interrompue de » plusieurs grands soupirs :
'( Hélas ! mes enfans, j'ay fait une perte si grande, et » vous aussy, que je ne vous la sçaurois dire, comme nous la » sentirons cy-après, puisqu'il plaist à Dieu nous laisser sur- » vivant à celuy que j'ay tant honoré durant sa vie, comme » je fais encore et feray tant que vivra sa mémoire. Mais » vous ne sentez point à peu près le mal que vous avez, » comme je fais, môy maintenant ; car je suis toute dépas- >> sionnée d'une chose si récente; et encore en ai-je une » autre qui m'afflige beaucoup. 11 se faut résoudre do ce » qui est passé, puisque c'est la volonté de Dieu ; mais » hélas! si j'ay perdu mon mary, faut-il que je perde mes » enfans? Et encore, le remède qu'il y a m'afflige et me » tourmente davantage, pour ce qu'il faut que je vous mette M en un extrême danger de mort; mais le mesme Dieu qui » vous a gardé jusques à cette heure, vous conservera, s'il » luy plaist. J'ay envoyé ici près, à Montargis, sçavoir si là » vous pourriez avoir seure retraite; mais je croy bien que » non*, et qu'il faudra bien s'en aller loin pour éviter la
1. Renée de France, duchesse de Ferrare, tétait alors absente de son château de Montargis. Elle n'y fut de retour que le 31 août 1572. (Voir le Diaire dr Mprlin, p. 14. «
» fureur insatiable de vos ennemis : car je ne pense point » que la France, qui n'a peu estre en asseurance à vostre » père, vous puisse sauver. Il faut, je le crois, bien reg^ar- » der vers les pays estrangers, et, pour y aller, il vous peut » advenir beaucoup d'inconvéniens. Vous estes petits; oultre » le danger où vous vous mettez de vostre vie, il vous peut » advenir beaucoup d'accidens auxquels vous estes sujets, » ou à cause de vostre jeunesse, ou pour n'avoir encore » accoustumé la peine et le travail que les voyages ainsi » lointains apportent ordinairement, mesme à ceux qui sont » plus robustes. Et si, en voyant cela, je ne sçay qui vous » y mènera, ni quel chemin vous tiendrez, je vous dis cecy, » mes enfans, afin que vous voyiez que j'ai soin de vous, » comme si je vous avois portés dans mon ventre, et que » vous-mesmes songiez à ce qu'il vous faut faire, car vous » avez tantost assez de jugement. Je seay bien que la cruauté » insatiable de nos ennemis ne nous donnera pas guères de » loisir d'y penser. Toutesfois, c'est une affaire de telle con- '> séquence, qu'il y faut bien penser et reguarder. »
M S'adressant à nostre précepteur nommé Legresle, homme » bien docte et recommandable pour sa vertu, elle dit qu'il » y regardast, de son costé; et ainsi acheva son propos » comme elle l'avait commencé, avec soupirs et larmes, et » nous embrassa tous, l'un après l'autre, qui aussi rendions » tous tesmoignage de la peine que nous endurions. Et )) ainsy nostre pauvre mère avoit soin de nous et se con- » tristoit davantage de nous voir là, pauvres innocens, ex- V posés à la cruauté barbare de nos ennemis, n'attendant » que l'heure, comme la brebis qu'on mène à la boucherie, » d'avoir la gorge coupée, et que nostre sang fust espandu » pour assouvir la soif do ceux qui desjà avoient massacré » nostre père ; qui véritablement eussions fait pitié, je pense, » à tous ceux qui nous eussent veus.
» Vous pouvez penser quelles afflictions, quels tourmens, » quelles fascheries un chacun, de son costé, avoit. Mais, » comme nous n'avions qu'un seul remède, aussi le cher- » chions-nous, et madame l'admirale levant les yeux : « Mon » Dieu, dit-elle, je te supplie, puisqu'il te plaist que je vive )) après celui que j'aimois tant, me faire la grâce que je voye » ces pauvres petits enfans sauvés et que tu les réserves pour » les employer à punir la rage de ceux qui ont tué leur » père. Tu es juste juge; tu ne laisseras point un tel acte » impuny; et à moy, bon Dieu, qu'il te plaise me donner » bonne patience pour endurer l'affliction qu'il te plaist M m'envoyer. »
» Tous faisoient silence, et chacun en son cœur prioit » Dieu et cherchoit en lui sa consolation. Toutesfois vous » eussiez veu ceste chambre, en entrant dedans, pleine d'un » silence lamentable et piteux ; mais, comme Dieu n'aban- » donne jamais les siens, il nous suscita, sans que personne » y pensast, un nommé Ponlchartrin, lequel se tenoit là )» auprès de Chastillon, et ayant ouï ces tristes nouvelles » estoit venu. Nostre précepteur, avant qu'il se présentast » à madame l'admirale, l'entretint longtemps et luy conta » tout ce qui s'esloit passé et comme on vouloit pourveoir à » nostre seureté, luy demandant s'il ne sçavoit point le » chemin d'Allemagne, et s'il pensoit qu'on y peust aller » seurement. Il respondit incontinent qu^il y avoit esté, et » qu'il nous y mèneroit seurement, à son opinion, avec » l'aide de Dieu.
» Tout soudain qu'il eut ouï cela, il (Legresie) s'en vint )> dans la chambre et dit : a Madame, le temps nous contraint » de pourveoir promptement à vos enfans, car vous sçavez » qu'il n'y a pas loind'icy à Paris, et qu'on sera biontost icy, si » on veut les attraper. Voicy un gentilhomme qui se promet » de les passer en Allemagne, comme vous disiez tantost.
» — Est-il vray, mon fils? » dit-elle, toute transportée de joie : » en quoy elle rendist tesmoignage de Tamitié qu'elle nous » portoit, plus estroite que n'ont accouslumé les belles- » mères. Et sur cela, ayant discouru des moyens, elle se » résolut à nous y envoyer ; et promptement on nous bailla » do vieux habillemons pour nous déguiser mieux, afin qu'on » ne nous connust.
» De cesto façon luy vinsmes baiser les mains, pour nous » mettre en la guarde de Dieu et prendre nostre chemin. El » après nous avoir admonestez de nostre devoir, elle nous » mit, mon cousin, mon frère Dandelot * et moy entre les » mains de (*e gentilhomme et de nostre précepteur, aus- » quels ^ello nous recommanda. Ainsi, avec beaucoup de » larmes, nous laissons cette bonne mère et quittons nostre » maison. »
. On ne saurait inférer du silence gardé, dans cet émouvant récit, par François de Chastillon sur son frère Charles, que cet enfant, « âgé de sept ans et huit mois, fort joly, et » tout le plaisir du père ' », ne fût point alors au château de Châtillon : il y était, en effet, ainsi qu'un tout jeune neveu de Tamiral et de sa femme '. Si vos deux enfants ne prirent pas, comme leurs aînés, le chemin de l'Allemagne, ce fut, sans doute, parce que leur bas âge ne leur eût permis de supporter ni les fatigues ni les perplexités d'un long et périlleux trajet. Peut-être, d'ailleurs, madame l'amirale espérait-elle les soustraire aux recherches de leurs persécuteurs, ou, en cas qu'ils fussent découverts, obtenir de les garder auprès d'elle. Toujours est-il que la présence de ces deux
1. Conformt^inciit c^i Ja ^olonté de ramiral. Odet de Coligny portait, depuis quelque temps, le nom de d'Andelot.